Cellectis confirme ses promesses. La société de biotechnologies spécialisée dans l'ingénierie des génomes a conclu un accord de coopération avec Total dans le développement des substituts pétroliers dérivés de micro-algues. Compte tenu de la disproportion de taille entre les deux entreprises (8 millions d'euros de chiffre d'affaires pour Cellectis, 160 milliards pour Total), l'accord pourrait ressembler à une mise sous tutelle. Il n'en est rien. Les coûts, non communiqués, de ce programme de recherche seront supportés à parts égales par les deux partenaires. Quant aux technologies et produits issus de leurs travaux, ils seront partagés équitablement. Présent sur le marché des carburants issus de la biomasse, notamment via des participations au capital de plusieurs entreprises comme Coskata, le groupe pétrolier français veut s'appuyer sur Cellectis pour accélérer la domestication d'espèces de micro-algues. En échange, il apportera son savoir-faire dans le développement de procédés à l'échelle industrielle. Le programme comprend une première phase d'un an. Elle pourra être prolongée. L'un des enjeux de l'accord est d'augmenter la densité énergétique de la biomasse. Elle délivre en moyenne une puissance de 5 à 7 gigajoules par million de tonnes (GJ/Mt), lorsqu'elle contient encore de l'eau, et 17 à 20 GJ/Mt une fois asséchée. Ce chiffre atteint 42 à 45 GJ/Mt pour le pétrole brut. Le second enjeu consiste à réduire les impacts environnementaux. Il s'agit de ne pas répéter la même erreur que pour les biocarburants de première génération, qui ont soulevé de nombreuses critiques ces dernières années. Les Etats-Unis ont ainsi décidé l'an dernier de mettre fin aux mesures d'incitation fiscale à long terme dont profitait ce secteur, provoquant déjà un assouplissement des tensions. En 2011, pour la première fois depuis dix ans, la production mondiale est tombée à 1 819 millions de barils par jour, contre 1 822 l'année précédente, selon l'Agence internationale de l'énergie.