Lorsque des troubles biologiques sont observés sur des organismes aquatiques, comment déterminer s'ils sont causés par des rejets des stations d'épuration ? Veolia lance en février 2012 un programme de recherche de deux ans pour répondre à cette question. Diverses espèces animales sont déjà utilisées pour diagnostiquer le bon état écologique des masses d'eau. « Mais les outils biologiques existants sont globaux : ils ne permettent pas d'indiquer quelle activité a un effet particulièrement impactant sur le milieu récepteur aquatique. Nous voulons mettre au point une méthodologie biologique permettant d'identifier l'effet d'un rejet de station d'épuration sur son milieu récepteur », décrit Séverine Lenoir, ingénieur de recherche en écotoxicologie chez Veolia Environnement recherche et innovation. Le programme est mené en collaboration avec l'Irstea (ex-Cemagref) pour le volet écotoxicologique, et le CNRS pour son volet chimique. Dans une première phase, les scientifiques mesureront les effets biologiques de l'effluent traité, avant son rejet dans le milieu naturel, sur trois organismes vivants (une petite crevette appelée gammare, un ver de vase et un gastéropode). Ces effets seront corrélés aux concentrations en polluants chimiques dans les eaux et dans certains organes des animaux modèles. Dans une seconde phase, un système d'encagement des organismes vivants dans le milieu naturel permettra de mesurer les effets biologiques en amont et en aval de la station choisie. Cette dernière, la station d'épuration de l'Arbresle (69), est récente, ce qui offre une garantie de sa performance épuratoire. D'une capacité de 12 400 EH, elle fonctionne par boues activées. Elle est exploitée par Veolia et reçoit 20 à 30 % d'effluents industriels (teinturerie, mine, abattoir).