Eolien et solaire ne figurent plus parmi les priorités de Séchilienne-Sidec. Entré sur ces marchés au milieu des années 2000, le producteur d'électricité a décidé de se concentrer sur sa spécialité, la biomasse. Prise par le nouveau P-DG de la société, Jacques Petry, cette décision doit permettre au groupe de mobiliser ses ressources sur les projets les plus rentables. Et de revaloriser la société alors que la sortie du fonds d'investissement Apax, premier actionnaire avec 46 % du capital, est attendue à moyen terme. S'appuyant sur son expérience dans les centrales électriques fonctionnant au charbon et à la bagasse, un résidu de la canne à sucre, Séchilienne-Sidec compte déployer cette technologie en dehors des DOM-TOM, son territoire de prédilection. La fin des avantages fiscaux dans ces régions explique aussi cette décision stratégique (voir EMC n° 121). Jacques Petry envisage de développer des centrales utilisant d'autres types de biomasse (bois, déchets végétaux...). Selon le groupe, la valorisation énergétique de la biomasse est encore peu développée et la puissance installée devrait doubler d'ici à dix ans dans le monde. Ces projets pourraient être menés à bien avec des partenaires locaux dans deux à quatre pays cible, offrant un potentiel de biomasse important, des cadres réglementaires politique et financier stables. Séchilienne-Sidec dispose d'un portefeuille de projets potentiels déjà bien rempli : 300 MW en Martinique, à la Réunion, au Sénégal ou à Marie-Galante. Pour accélérer, Jacques Petry n'exclut pas des acquisitions.
Ce développement dans la biomasse se fera au détriment des autres énergies renouvelables. Dans le solaire, où Séchilienne-Sidec revendique le troisième rang en France derrière EDF Énergies nouvelles et Solaire direct, avec 68,9 MW installés, le parc devrait être conservé en l'état. En revanche, une sortie partielle ou totale de l'éolien n'est pas exclue si le produit de la vente permet de financer le développement de projets plus rentables. Dans cette énergie, les positions du groupe (56,5 MW) ne lui offrent pas une position suffisante pour bénéficier des effets de taille.