Sans les difficultés du chantier de son usine australienne de dessalement d'eau de mer, qui lui a coûté une charge exceptionnelle de 152 millions d'euros, Suez Environnement aurait passé une année 2011 confortable. Le groupe de recyclage et de distribution d'eau s'est bien adapté à des conditions économiques défavorables, « atones », selon Jean-Louis Chaussade, son PDG. À taux de changes constants, son chiffre d'affaires a augmenté de 6,9 % à 14,83 milliards d'euros et son résultat brut d'exploitation a atteint 2,5 milliards (+7,6 %). Son bénéfice net annuel ressort à 323 millions d'euros, et aurait été de 560 millions sans le contrat de Melbourne. Suez Environnement a profité du dynamisme de son activité « déchets » en Europe, alors que le ralentissement économique et industriel faisait craindre une baisse des volumes et des prix. Le chiffre d'affaires de ce segment a progressé de 9 %, à 6,4 milliards d'euros, bien plus que la croissance de 2,9 % (4,2 milliards d'euros) de la division « eau Europe ». La performance opérationnelle s'améliore, se félicite le groupe, avec une marge opérationnelle de 13,8 % et une génération de trésorerie de 330 millions d'euros. L'activité commerciale a été dynamique avec, par exemple, le gain par Sita France d'un contrat de 12 ans avec Renault. Avec une croissance organique de 25 %, à 1,7 milliard d'euros, la seule activité « tri et recyclage » tire l'ensemble de la division, soutenue par la hausse des prix des matières premières secondaires par rapport à 2010 et une hausse des volumes. Le groupe a traité 25 millions de tonnes de déchets sur l'année. La volonté de la direction, appuyée par les réglementations et les pratiques plus consciencieuses des industriels, est de poursuivre ces efforts de développement dans la valorisation des déchets. Celle-ci représentait l'an dernier 34 % de l'activité de la division, contre 19 % pour l'élimination. Pour 2017, l'objectif de Suez Environnement est de valoriser deux tonnes de déchets pour une tonne de déchets éliminés.