L'aggravation de la crise économique et financière en Europe dans le courant de l'été 2011 a lourdement pesé sur l'investissement dans les « cleantech ». Selon le baromètre annuel de l'Association française des investisseurs en capital (Afic) et d'Ernst & Young, les fonds ont investi 182 millions d'euros en 2011 en France dans 64 entreprises du secteur. Soit une baisse de 30 % en valeur par rapport à 2010 et de 22 % en nombre d'opérations. Certes, la croissance avait atteint 50 % l'année précédente, ce qui peut en partie expliquer ce coup de frein en 2011. Sophie Paturle, présidente du club Cleantech de l'Afic et dirigeante du fonds Demeter Partners juge tout de même ces résultats « décevants ». Les chiffres montrent une très nette cassure au second semestre : seulement 32,4 millions d'euros ont été investis au quatrième trimestre 2011, en 18 opérations, soit environ deux fois mois qu'au deuxième trimestre 2011 et qu'au dernier trimestre 2010. En plus de la crise financière, qui a incité les investisseurs à plus de prudence, les responsables du baromètre soulignent les conséquences négatives du moratoire imposé par le gouvernement sur le solaire photovoltaïque. Il a paralysé pendant des mois l'ensemble de la filière et pénalisé bon nombre d'entreprises à la recherche de fonds. La France figure malgré tout parmi les trois pays européens qui investissent le plus dans les cleantech. Elle occupe le deuxième rang au quatrième trimestre avec 21,1 % des investissements européens, devant la Finlande (15,8 %) et derrière le Royaume-Uni (26,3 %). Les responsables du Club Cleantech sont toutefois conscients des retards tricolores, voire de l'Europe, et indiquent vouloir mettre en place plusieurs actions pour promouvoir ce type d'investissement auprès des politiques et des financiers. Au niveau mondial, le marché européen reste marginal et se fait distancer. Selon le Cleantech group, neuf milliards de dollars ont été investis à travers le monde en 2011, soit 13 % de plus qu'en 2010. L'Europe ne représente que 14 % de ce montant. Les investissements y ont baissé de 30 % alors qu'ils ont augmenté de 31 % aux États-Unis pour atteindre 6,8 milliards de dollars.