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Les pétroliers font monter la pression

LA RÉDACTION, LE 12 MARS 2012
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« On n'avait pas besoin de ça. » Telle est, en substance, la réaction de Jean-Louis Schilansky, le président de l'Ufip (Union française des industries pétrolières), quand on lui parle de deux obligations de la profession en matière d'environnement : sa participation au système des certificats d'économies d'énergie et la prochaine entrée en vigueur de la directive européenne sur le contenu carbone des carburants. Pour l'Ufip, ces mesures vont encore renchérir les prix à la pompe. En effet, les pétroliers vont en répercuter le coût sur leurs produits finis, « faute de pouvoir le prendre sur leurs marges de raffinage ». Selon l'Ufip, ces marges sont tombées à 14 euros par tonne en 2011, contre une moyenne de 22 sur la période 1995-2011. Ces mesures arrivent dans un contexte noir : les cours du pétrole flambent pour cause de tensions au Moyen-Orient, et le raffinage connaît une crise sans précédent dans l'Hexagone, comme l'illustrent les difficultés de l'usine Petroplus à Petit-Couronne (76). Sans oublier la hausse de 1,6 point de la TVA, qui rajoute 2 centimes d'euro au litre d'essence et 1,7 centime au litre de gazole. « Ce n'est vraiment pas le moment de charger la barque », résume Jean-Louis Schilansky. La première mesure oblige les vendeurs de carburants, comme les autres vendeurs d'énergie, à engager des actions d'amélioration de l'efficacité énergétique. Objectif : économiser des kilowattheures (kWh), dans le cadre de l'enveloppe globale de 345 TWh fixée pour la période 2011-2013 par le gouvernement. Pour les pétroliers, cela passe par des actions d'encouragement à changer ses pneus ou à promouvoir des huiles de vidange plus performantes. Car ainsi équipée, une voiture consomme moins. Une fois engagées et signifiées à l'administration, ces actions donnent droit à des certificats traduits en kWh, que chaque enseigne peut déduire de son quota à économiser, ou revendre à un concurrent dans le besoin. Mais à la différence des vendeurs de chaleur ou d'électricité, les vendeurs de carburant ont davantage de difficultés à toucher le client. « Le seul contact commercial que nous avons avec l'automobiliste, c'est le guichetier de la station-service, quand ce n'est pas une pompe automatique », explique Jean-Louis Schilansky. À l'inverse, les électriciens ou les gaziers sont plus visibles, car ils mandatent des artisans chez le client. Résultat : mal assis dans le dispositif, les pétroliers craignent de ne pouvoir respecter leur quota, et d'avoir à payer la pénalité prévue par la loi. Impact sur le prix à la pompe : 1 centime le litre. Au 1er février, les actions réalisées par la profession ne représentaient que 1 % de l'objectif qui lui est assigné pour 2013. Autre motif de renchérissement des prix, la directive sur le contenu carbone des carburants. Ce texte classe les différents carburants vendus en Europe selon l'intensité carbonique des hydrocarbures dont ils sont issus. Un carburant fabriqué à partir de pétrole conventionnel est crédité de 87,5 g éqCO2 par mégajoule, mais de 107 g/MJ avec des sables bitumineux et 172 g/MJ avec du charbon liquéfié. D'ici à 2020, les pétroliers devront commercialiser des « paniers » de carburants qui affichent un contenu carbone global de 6 % inférieur à ce qu'il pesait en 2010. Résultat : « les pétroliers européens vont privilégier les pétroles légers à faible intensité carbonique, ce qui va tendre la demande par rapport à l'offre. Et donc renchérir les cours de ces qualités de brut », analyse un expert de l'Ufip. Impact à prévoir à la pompe : plusieurs centimes d'euro par litre. Les pétroliers, par l'intermédiaire de leur syndicat européen Europia, sont montés au créneau fin février, lorsque les Vingt-sept ont dû se prononcer sur le texte. Heureusement pour eux, aucune majorité qualifiée ne s'est dégagée, Paris ayant choisi l'abstention, au grand dam des associations écologistes. « La France se dédit », dénonce FNE, qui voit là un soutien indirect aux sables bitumineux du Canada, dans lesquels opère notamment Total. Le dossier a été renvoyé au prochain conseil des ministres de l'Environnement de l'UE, qui se réunira en juin.


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