Quel est l'état des connaissances sur le stockage de CO2 ?
Les capacités du sous-sol européen sont estimées à quelques centaines d'années d'émissions. Mais ces calculs restent assez théoriques. Le sous-sol profond - au-delà de 800 mètres - est encore très méconnu. Des modélisations sont nécessaires pour savoir dans quelle quantité, en combien de temps et avec combien de puits le CO2 peut être injecté. Il faut s'assurer de la sûreté du stockage en termes de rejets locaux. Des outils de surveillance et des solutions en cas de problème sont aussi à développer. Or, au niveau géologique, chaque site est spécifique.
Cette diversité disperse-t-elle la recherche ?
Le forum CO2 GeoNet a été l'occasion de présenter tous les projets financés par l'Union européenne et des collaborations internationales. Nous cherchons à développer un réseau pour atteindre une masse critique de chercheurs pluridisciplinaires. L'association a été créée en 2008 avec 13 instituts, dont les français BRGM et IFPEN, issus de 7 pays : Danemark, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Norvège, Royaume-Uni et France. Mais depuis, les travaux se sont multipliés en Europe de l'Est et du Sud. Il nous a paru indispensable de créer une entité scientifique plus représentative de l'Europe. Le projet CGS Europe vise d'ici à fin 2013 à créer un consortium paneuropéen pérenne. Il comprend déjà 34 instituts issus de 28 pays.
Comment fédérer les avancées scientifiques ?
Nous voulons être un organisme scientifique de référence sur le stockage géologique de CO2. Pour cela, nous attachons beaucoup d'importance à acquérir tout le savoir sur ce thème, à développer et diffuser les connaissances. En mars, nous avons organisé en Pologne une « université de printemps », sur huit jours, réunissant une vingtaine de doctorants et post-doctorants de tout le continent. Nous sommes aussi en train de constituer une base de données qui sera accessible à tous, en ligne, à partir des rapports rendus publics. Par ailleurs, l'Union européenne passe au stade des démonstrateurs. En 2010, un appel à projets a été lancé et 13 dossiers ont été soumis, dont celui d'Arcelor Mittal en Lorraine. La sélection aura lieu en fin d'année. L'injection dans le sous-sol n'aura pas lieu avant 2015. Les retours d'expériences seront pour 2020. Ensuite, nous espérons que la technologie pourra se déployer. Tout dépendra des coûts et du prix du carbone.