Le démonstrateur de Finaxo a été inauguré mi-mai sur la station d'épuration (9 500 EH) de la communauté de communes des deux vallées à Fismes (51), exploitée par Lyonnaise des Eaux. Ce procédé de pyrogazéification des boues a six mois pour faire ses preuves avant sa commercialisation. Spécialiste de la décantation lamellaire des boues d'épuration, Finaxo a obtenu sur ce projet un financement Life + de l'Europe de 850 000 euros sur un budget de près de 1,7 million. La société avait déposé dès 2005 un brevet sur son procédé alternatif à l'incinération des boues, la pyrogazéification. « En pyrolyse-thermolyse, nous sommes les seuls sur le marché à utiliser un média caloporteur pour craquer la matière organique en gaz », affirme Pascal Colignon, P-DG de Finaxo Environnement. Au lieu de chauffer le four de manière indirecte à 1 000-1 300 °C, Finaxo y introduit des billes en acier inoxydable à une température de 800-1 000 °C. Les boues y sont alors « grillées » comme sur un barbecue. « Dans un four de capacité d'une tonne par heure, nous créons des cycles de chauffage : 1 500 billes entrent et sortent toutes les 2 minutes. Nous réalisons ainsi une économie d'énergie de l'ordre de 80 % par rapport à un chauffage indirect en continu », précise le responsable. Le pilote installé à Fismes va traiter 1,5 tonne par heure de boues entrantes d'une siccité de 10 %. Dans cette configuration, le procédé Pyrobio alimente une étape de séchage nécessaire avant pyrolyse. « Les fumées sont captées à 800 °C et dirigées vers un échangeur thermique, qui chauffe indirectement un sécheur. La siccité des boues entrantes en pyrolyse atteint ainsi 70 % », précise Pascal Colignon.