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LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2008
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Une fois installés sur le réseau de distribution, les appareils de sectorisation compteurs mécaniques et débitmètres ont compter les volumes d'eau qui transitent en permanence dans les canalisations sous pression. Historiquement, les mesures des débits, pour la facturation des abonnés et pour l'équipement des ouvrages, sont réalisées à l'aide de compteurs mécaniques. On estime qu'ils représenteraient encore aujourd'hui plus des deux tiers du parc des compteurs en eau potable, mais la tendance évolue en faveur des débitmètres. La directive européenne n° 2004/22/CE sur les instruments de mesure (MID) a récemment intégré sous la dénomination des compteurs d'eau les instruments de mesure électroniques, donc les débitmètres, alors que l'ancien texte de 1975 ne faisait référence qu'aux technologies mécaniques. Les fabricants en sont donc actuellement à l'homologation MID de leur matériel. Aux classes de performance (A, B, C) succède le respect de ratios sur des débits caractéristiques (minimal, de transition, permanent, de surcharge). Pour Licia Maradin, responsable marketing eau, énergie thermique et systèmes chez Actaris France, spécialisée dans la mesure par compteurs mécaniques, la directive permet une meilleure qualification de la mesure en caractérisant les vraies performances des appareils. Homologation pour tous En fonction des diamètres des canalisations et des débits, les technologies mécaniques diffèrent (volumétrique, vitesse à turbine, vitesse à hélice dit Woltmann), mais elles reposent toutes globalement sur le même principe de mesure : l'eau est comptée via la mise en rotation d'une pièce mécanique (piston, turbine, hélice). Techniquement éprouvés, les compteurs mécaniques sont encore largement utilisés sur les petits diamètres où leur rapport qualité-prix reste attractif. Cependant, les gestionnaires de réseaux recourent depuis une dizaine d'années aux débitmètres (électromagnétiques, à insertion, à ultrasons) pour répondre aux conditions particulières de la sectorisation. Qui concernent notamment des diamètres de canalisations importants et des débits réversibles dans les réseaux urbains très maillés. Les plus utilisés aujourd'hui, les débitmètres électromagnétiques tubes creux traversés par un champ magnétique et qui s'insèrent sur les canalisations conjuguent ainsi précision, fiabilité dans le temps et possibilité d'être enterrés sans construction de regard. « Lorsqu'on cherche à créer des secteurs de distribution, les incertitudes de mesure des compteurs mécaniques d'entrée et de sortie s'additionnent et sont sensiblement plus importantes que celles des compteurs électromagnétiques dont le signal est peu influencé par les variations de débit et l'incertitude de mesure quasi constante et de très faible valeur », analyse Serge Lamandé, de l'unité réseaux à la direction technique de Veolia Eau. Concernant l'installation des débitmètres, Sylvie Giry, à la direction technique de la Société des eaux de Marseille (Sem), opte pour le maximum de précautions. « Nous vérifions toujours l'appareil au moment de la pose. En outre, il peut y avoir une dérive de la mesure dans le temps. Nous partons donc du principe qu'on ne va pas enterrer un appareil et l'oublier. L'accessibilité par un regard est un gage de bonne exploitation ultérieure. » En termes d'autonomie, les débitmètres ont également progressé avec des gammes proposées sur batteries (piles lithium). Quoi qu'il en soit, compteurs mécaniques et débitmètres coexistent généralement sur les réseaux sectorisés. Isolée, la mesure a peu d'intérêt, c'est pourquoi, les exploitants utilisent couramment la télégestion via une télétransmission quotidienne des données vers un poste central de supervision qui assure leur traitement (calcul des débits instantanés, cumulés, courbes de consommation, alarmes sur les consommations ou l'alimentation...). Une télégestion autonome Une pratique qui nécessite de coupler les appareils de mesure à des systèmes d'enregistrement et de transmission autonomes et communicants. Les compteurs mécaniques seront alors équipés d'une fonction de communication, via une tête émettrice d'impulsions ( Actaris, Sensus...). Dotés d'électronique, les débitmètres peuvent être directement reliés par fil aux enregistreurs. La majorité des fabricants ( Schneider Electric, Perax, Sofrel, Technolog...) proposent des technologies d'enregistreurs-transmetteurs sur batterie qui communiquent par le biais du réseau téléphonique mobile (GSM). « En sectorisation, une télégestion économe en énergie s'impose pour couvrir l'ensemble du linéaire d'un réseau. Les mesures sont enregistrées sur un pas de temps compris entre cinq minutes et une heure, mais le système ne se connecte qu'une seule fois par jour à la supervision », résume Alain Cruzalebes, président-directeur général de Perax, qui propose pour ce type d'applications son enregistreur-transmetteur P16XT. Entre mode SMS, Data/vocal ou GPRS (téléphonie de deuxième génération), le format des données transmises peut varier. La technologie SMS, peu chère et faiblement consommatrice, s'est largement répandue. Du côté des débitmètres, la tendance est également à l'intégration de ces fonctions dans l'appareil (ABB, Primayer...). « Depuis un an, nous proposons une gamme de débitmètres électromagnétiques Aquamaster qui combinent enregistrement et télétransmission en interne. C'est une évolution logique des fonctionnalités des compteurs électroniques d'associer la mesure et son traitement », souligne Stéphane Prévost, responsable du marché eau chez ABB France. Vers des réseaux intelligents Une autre pratique émerge pour la relève des compteurs des abonnés. Lancée par les trois grands opérateurs privés, la télérelève devrait encore gagner du terrain. Au lieu de la relève annuelle classique des index par visite, la télérelève ou radiorelève permet de relever à distance les consommations des compteurs grâce à une transmission par module radio. Dans sa version la plus simple, la radiorelève est réalisée en « walk-by, drive-by » par un opérateur qui se déplace et collecte les informations au pied de l'immeuble via son ordinateur de poche. En réseau fixe, la technologie permet de faire remonter automatiquement en temps réel les index vers une supervision. Le système est alors globalement constitué du trio : compteur, émetteur d'impulsion et module récepteur radio communicants ( Coronis, Homerider, Actaris, Sensus, Sappel, Radiotech...) qui transmet par voie hertzienne les données à un récepteur ou à un réseau de récepteurs radio (répéteurs et concentrateurs) pour les acheminer par le réseau GSM ( Saur), GSM/GPRS ( Lyonnaise des eaux) ou Internet ( Veolia Eau) jusqu'au poste central. Une architecture de communication complexe dont l'investissement dépend des besoins de la collectivité. « À ce niveau, le radiorelevé est assimilé à de la télégestion puisque nous récupérons également des données de débits, des histogrammes de consommations et des alarmes », explique Serge Lamandé. Veolia Eau affiche ainsi deux opérations de collecte par réseau fixe (66 000 compteurs à Paris, 31 000 compteurs à Metz), Lyonnaise des eaux est en cours d'installation de plus de 40 000 compteurs télérelevés sur la France, et Saur, qui a lancé la télérelève aux Sables-d'Olonne en 2002 (20 000 compteurs opérationnels depuis deux ans), devrait approcher les 100 000 compteurs sous contrat en 2008. Outre un nouveau marché stratégique, l'avantage d'une collecte confortable et une facturation au plus juste, la télérelève permettra aux abonnés d'être avertis en temps réel de fuites potentielles. Avec de nouvelles économies d'eau à la clé. Enfin, cette pratique participera à améliorer la sectorisation en mettant en corrélation les informations des compteurs en provenance des réseaux et ceux des abonnés. Et d'accéder ainsi à un suivi en continu des rendements de chaque secteur. « Nous allons vers une vraie logique de réseau intelligent, analyse Gilles Boulanger, de la direction technique eau de Lyonnaise des eaux. C'est une révolution dans la gestion des réseaux. »


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