Lancé le 2 novembre 2011, le débat public Crue Seine Bassée se clôturera le 16 février 2012. La commission particulière du débat livrera son compte rendu en avril. Ce qui laisse, selon la procédure en vigueur, trois mois à l'EPTB des grands lacs de Seine pour prendre en compte les résultats du débat. D'ici à la mi-juillet 2012, le sort du projet d'aménagement de La Bassée sera donc scellé.
Comme le souligne Régis Thépot, directeur général de l'EPTB Seine Grands Lacs, l'un des principaux enjeux du débat concerne le mode de financement de l'investissement, chiffré à 600 millions d'euros TTC (travaux 80 %, frais de maîtrise d'ouvrage et maîtrise d'oeuvre 11 %, mesures compensatoires environnementales 5 % et acquisition de foncier 4 %) : « Nous proposons d'inscrire le financement du projet dans le deuxième plan Seine (2014-2020) avec une prise en charge de 20 % par l'EPTB et le reste soutenu par l'État, l'agence de l'eau Seine-Normandie et l'Europe. »
UNE AIRE DE STOCKAGE DE 2 300 HECTARES
Situé à la confluence de l'Yonne et de la Seine, le projet porte sur la création de dix espaces endigués sur les rives de la Seine, formés par 58 kilomètres de talus-digues d'une hauteur inférieure à 4,7 mètres. Ils délimitent une aire de stockage latérale de 2 300 hectares, soit 55 millions de mètres cubes d'eau pouvant être stockés en période de crue, avec une hauteur d'eau moyenne de 2,50 mètres. Ils seront remplis par pompage dans la Seine pour écrêter les fortes crues prévues tous les cinq ou six ans.
Concernant l'emprise foncière du projet, l'EPTB aura deux solutions : acquérir la totalité du foncier ou juste le minimum pour maintenir les usages économiques, comme l'agriculture et l'extraction, en indemnisant les propriétaires à chaque fonctionnement. « Nous nous orientons plutôt sur la deuxième solution via des servitudes de surinondation », estime Régis Thépot.
DE FORTS ENJEUX DE PROTECTION
À la différence des lacs réservoirs qui assurent la protection contre les inondations et le soutien du débit de la Seine, les ouvrages de La Bassée auront uniquement une vocation hydraulique. Mais leur efficacité contre les inondations sera accrue par la proximité de la capitale. « Il y a derrière ce projet des enjeux fondamentaux pour améliorer la protection de la Région Île-de-France contre les inondations et préserver l'économie francilienne. En cas d'inondation type 1910, la Région enregistrerait entre 30 à 40 milliards de dommages », souligne Régis Thépot.
UNE VOCATION ÉCOLOGIQUE
Ce concept de ralentissement dynamique des crues inspiré des polders du Rhin se développe en France depuis la loi risques de 2003. « C'est une vision moderne de la prévention des risques d'inondation », estime encore Régis Thépot. Dans le cas de La Bassée, les ouvrages restaurent aussi le caractère de zone humide de la plaine alluviale, dégradé par la canalisation de la Seine, les activités d'extraction de matériaux et le fonctionnement des grands lacs. Dans ce but, des inondations « écologiques » annuelles seront déclenchées sur 10 à 15 % de l'aire de stockage pour restaurer les milieux cibles, comme le réseau de noues situées à l'ouest de l'Auxence.