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EAU

L'Oréal lance « 100 % eau propre »

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2012
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Dans le cadre d'une démarche écoresponsable formalisée dès 2009 pour réduire de moitié d'ici à 2015 ses émissions de gaz à effet de serre, sa consommation d'eau et sa production de déchets, L'Oréal a lancé l'opération « 100 % eau propre » sur son site de Chimex. Une unité de traitement innovante réservée aux eaux de lavage non biodégradables a été inaugurée en octobre 2011 sur cette usine, située à Mourenx, spécialisée dans la production d'ingrédients cosmétiques. L'unité de traitement entrera en fonction début 2012. LE PRÉTRAITEMENT D'ORÈGE La première étape de traitement a été mise en place par la jeune PME française Orège. Elle repose tout d'abord sur une séparation des effluents en trois flux, selon leurs caractéristiques chimiques. Cette pratique originale permet d'éviter que les effluents ne réagissent entre eux pour former un gel visqueux impossible à dégrader. Chaque flux subit un prétraitement spécifique : stripping à l'air, électrolyse ou oxydation. Les effluents sont ensuite dirigés vers le procédé Sofhys d'Orège (6 000 m3/an). « En entrée, la DCO atteint jusqu'à 100 g/l. En sortie de ce procédé, elle est inférieure à 5 g/l, ce qui permet de rendre nos effluents biodégradables », précise Laurence Langrand, responsable environnement de Chimex, au lancement du projet. Pour ce faire, Sofhys associe dans un réacteur oxydation radicalaire par des radicaux hydroxyles et fonctionnalités hydrodynamiques. L'originalité du procédé repose sur l'intégration de divers compartiments dans le réacteur. Ils assurent la séparation de la matière grâce à des flux turbulents et à une flottation par bullage. « Dans le cas de Chimex, sur des effluents non biodégradables et parfois toxiques pour l'environnement, un traitement biologique ou une oxydation radicalaire classique n'auraient pas été efficaces », explique Inès Hamon, directeur de projet chez Orège. LES JARDINS FILTRANTS DE PHYTORESTORE Une partie du flux rejoint la station d'épuration d'eaux biodégradables du site, l'autre transite par des jardins filtrants conçus par Phytorestore d'une capacité de traitement de 3 500 m3/an. Les effluents traversent trois filtres verticaux, composés chacun d'un substrat spécifique et aérés par des cheminées. Viennent ensuite des jardins horizontaux, où les eaux sont en situation anaérobie. « Les jardins filtrants sont capables de traiter des eaux à DCO faible et permettent des économies d'énergie, comparés à d'autres procédés », assure Laurence Langrand. En outre, ces jardins contribuent au maintien d'une certaine biodiversité sur ce site de production chimique. Enfin, les eaux traitées sont dirigées vers un taillis à courte rotation, où elles sont évacuées par évapotranspiration. L'Oréal envisage, d'ici à quelques mois, de réutiliser le flux traité en eau de process. D'autres sites du groupe pourraient aussi adopter cette démarche.


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