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EAU

PhytoRet convertit les bassins d'orage

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2012
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Toute l'information de cette rubrique est dans : Hydroplus
Élargir les fonctions d'un bassin d'orage à celui d'ouvrage de rétention et de remédiation des phytosanitaires, ça marche. C'est déjà la conclusion de la première année de travail du programme européen PhytoRet (1,4 million euros), qui évalue sur trois ans le potentiel des zones humides artificielles du Rhin supérieur - des bassins d'orages aménagés avec des végétaux - sur la réduction des produits phytosanitaires. Piloté par l'École nationale du génie de l'eau et de l'environnement de Strasbourg ( Engees), il cible deux sites d'expérimentation dans des piémonts agricoles au Bade-Wurtemberg (en Allemagne) et en Alsace. DES TAUX D'ABATTEMENT MOYENS DE 60 % Pour la partie française, le bassin d'orage sélectionné est situé à Rouffach (Haut-Rhin), au pied d'une parcelle viticole de 42 hectares, de pente significative (15 %), en amont de la nappe phréatique. L'ouvrage de 1 500 m3 de capacité de stockage a vu pousser naturellement des roseaux. Par traçage fluorescent, les partenaires techniques ont analysé le comportement au contact de l'eau et des végétaux d'un cocktail de plus de vingt molécules : évolution sur leur temps de séjour (de l'ordre de 8 à 12 heures) et capacité de traitement de l'ouvrage. « Le taux d'abattement se situe en général entre 60 et 70 %, avec toutefois des variations d'une molécule à l'autre : 40 % pour la simazine en point bas et 100 % pour le cymaxonil », souligne Gwenaël Imfeld, chargé de recherches à l'Engees (laboratoire d'hydrologie et de géochimie de Strasbourg Lhyges/CNRS). En outre, des écarts importants ont été observés pour le même produit selon le moment de mesure. Quels axes directeurs en dégager ? La composition chimique du produit a moins d'influence que sa forme dans l'eau. L'efficacité de l'ouvrage semble ainsi plus importante sur les particules dissoutes et en suspension que lorsqu'elles sont adsorbées sur le carbone. L'accumulation sur les sédiments reste limitée. Quant aux variations dans le temps, elles résultent des conditions climatiques, selon le taux d'oxygénation de l'eau et la fréquence des épisodes de forte précipitation. « Plus le temps s'allonge entre deux événements pluvieux et que ceux-ci sont petits, mieux l'ouvrage produit son effet », ajoute Gwenaël Imfeld. COMPLÉMENTAIRE DE LA RÉDUCTION À LA SOURCE Utilisé comme fongicide, le cuivre a bénéficié d'un suivi particulier accompagné d'une réduction des consommations par les viticulteurs locaux. Les résultats sont probants. « D'une concentration de 21 g/l en entrée, on passe à 4,3 en sortie, soit sous le seuil d'écotoxicologie situé à 6 g/l », relate Izabella Babcsanyi, du Lhyges. « Un ouvrage de rétention/remédiation est complémentaire d'une réduction à la source ; il ne saurait s'y substituer », insistent les membres de PhytoRet. Les prélèvements de terrain sont enrichis d'une reconstitution en laboratoire des milieux humides, pour affiner la dégradation biologique et photolytique en combinant une batterie d'analyses hydrologiques, chimiques et microbiennes. Dans les prochains mois, PhytoRet finalisera la phase d'évaluation et lancera une étape d'application et de diffusion. Le potentiel est considérable. Rien qu'en Alsace, plus de 150 ouvrages comparables ont été identifiés. Et le recensement se poursuit.


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