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EAU

La dénitrification in situ à l'essai en Eure-et-Loir

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2013
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En octobre 2012 a démarré la phase opérationnelle d'une expérimentation de dénitrification in situ, lancée en 2008 par le conseil général d'Eure-et-Loir. Dans cette région très agricole, les eaux souterraines subissent une dégradation importante due aux nitrates. À la mise en place systématique de traitements de potabilisation « hors sol » classiques, le Département a préféré tenter une ap proche innovante : la dénitrification biologique hétérotrophe in situ. Cette technique consiste à injecter directement dans l'aquifère du carbone organique et du phosphore pour stimuler la croissance et accroître l'activité de bactéries naturellement présentes. Les conditions anoxiques (caractérisées par une faible quantité d'oxygène) qui se développent en aval des puits d'injection permettent alors la mise en œuvre de la réduction des nitrates en azote gazeux. Afin de déterminer les infrastructures à mettre en place et d'ajuster le process, de nombreuses investigations préalables ont été réalisées par les bureaux d'é tudes Hydriad et Telosia : caractérisation géochimique des eaux, étude hy dro géo-lo gique approfondie du site, traçages, modélisation des écoulements et du procédé de traitement. L'équipement du site de Trizay-Lès-Bonneval, retenu pour son forage d'essai très productif (environ 300 m3 /h) et sa qualité dégradée mais stable (autour de 60 mg/l de nitrates), a débuté en 2011. À l'amont de l'ouvrage de production, un forage de prépompage et deux piézomètres permettent le mélange et l'injection des eaux brutes et des réactifs (acétate de sodium, acide chlorhydrique, phosphates). Le principe est simple, mais délicat à maîtriser. Il faut assurer un taux de traitement suffisant sans provoquer le colmatage de l'aquifère par un développement trop important de la biomasse dénitri-fiante. Ce pilotage est assuré par un suivi fin des paramètres qualitatifs (nitrates, nitrites, nitrosamines, réactifs et bactéries) et quantitatifs (pressions d'injection, rabattements, piézométrie). Les premiers résultats sont attendus en 2013. « Si l'expérience est concluante et si le dispositif reçoit l'aval de l'Agence nationale de sécurité sanitaire, nous pourrions équiper de petites unités de traitement in situ les forages stra té giques du département contaminés par les ni trates », précise Jean-Claude Schmidt, chef du service eau au conseil général d'Eure-et-Loir. Ce procédé pourrait représenter une alternative technico-économique prometteuse en milieu rural. L'opération, d'un montant de 800 000 euros, a été financée à parts égales entre le Département et les agences de l'Eau Loire-Bretagne et Seine-Normandie.


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