Le syndicat mixte Camargue gardoise ( SMCG) achève un vaste programme de travaux visant à réduire l'impact des crues. Au menu : augmenter les capacités hydrauliques d'évacuation d'eau jusqu'à la mer par gravité et multiplier par deux celles de pompage sur la zone deltaïque de la Carmague gardoise. Tel est l'objet des travaux, en cours de finalisation, engagés par le SMCG, pour réduire l'impact des crues. Ces travaux, d'un montant global de 9 millions d'euros, font suite aux inondations successives particulièrement intenses de septembre 2002, décembre 2003 et septembre 2005, au cours desquelles une zone d'environ 300 km2 s'est retrouvée sous l'eau pour des durées allant jusqu'à 45 jours. « L'idée n'est pas de réduire la surface submersible ni d'empêcher l'eau d'arriver, développe Jérémiah Petit, en charge du suivi des travaux, mais de réduire la durée de ressuyage. »
Pour ce faire, des études préalables topographiques et de modélisation hydrauliques ont été menées dès 2004. Elles ont abouti à un programme d'aménagement, dont les dernières études opérationnelles, soumises à enquêtes et déclarations d'utilité publique, ont été approuvées en octobre 2009. La topographie particulièrement basse du territoire constitue l'une des spécificités à prendre en compte. « Les terrains sont très cloisonnés et beaucoup se trouvent sous le niveau de la mer », indique Jérémiah Petit. D'où la nécessité d'un programme qui allie à la fois pompage et ouvrages pour accélérer gravitaire-ment l'évacuation de l'eau.
Ainsi, des ouvrages vannés ont été restaurés et même créés afin d'évacuer l'eau par gravité vers le canal du Rhône à Sète en période de décrue, permettant un gain allant jusqu'à 30 jours de ressuyage dans les zones les plus basses. Ces travaux offrent également la possibilité de mobiliser les étangs et zones humides alentours. « On peut y envoyer l'eau pour éviter qu'elle n'aille dans les zones habitées », précise Jérémiah Petit. En période post-crue les ouvrages peuvent être utilisés en sens inverse.
En outre, cinq stations de pompage ont été renforcées, une autre de 9 m3 /s est en cours de construction sur le canal de Capette, à l'Est de la zone concernée. La fin de ces travaux est prévue pour le premier trimestre 2013. Au total, ce sont désormais 56 m3 /s d'eau qui pourront être pompés.
L'ensemble sera piloté par un système de télégestion encore à l'étude, qui devrait être opérationnel au second semestre 2013. Enfin, un règlement de manipulation des ouvrages ayant fait l'objet d'un arrêté préfectoral a été mis en place. Il distingue trois périodes, allant de la gestion courante à la crise, où le rôle de chacun (Union des associations syndicales autorisées, services de l'État, communes, SMCG) est précisé.