Dans le Nord, le syndicat mixte Siden-Sian assure la production, le transport et la distribution en eau potable de 563 communes, dont 468 dans Nord, 50 dans le Pas-de-Calais et 45 dans l'Aisne. Face à des problèmes de qualité et de quantité, sa régie Noréade tra vaille depuis vingt ans à la sécu risation de l'approvisionnement. Sa priorité est d'assurer à chaque commune deux voies d'alimenta tion. Pour atteindre cet objectif, un réseau d'interconnexion de 200 km traverse le département, moyennant 200 millions d'euros d'investissement. D'ici à la fin de 2015, la construction de la liaison Avesnois-Pecquencourt de 75 km (50 millions d'euros) achèvera le programme. « Ce réseau structurant nous permet de garantir la qualité de l'eau distribuée en complétant les ressources locales et en intervenant en secours. Aujourd'hui, nous avons déjà réussi à sécuriser 80 % de nos communes adhérentes par une double alimentation », précise Michel Dupont, directeur géné ral adjoint de Noréade. Pour un grand syndicat d'eau maître d'ouvrage, les interconnexions assurent la solidarité du ser vice public. Le dernier tronçon prévu par Noréade a donc été lé gè rement surdimensionné pour pouvoir proposer aux col lectivités urbaines voisines de Lille Métropole et Lens-Liévin un complément d'appro vi sion nement dans le futur.
De son côté, le syndicat Eau du Morbihan a investi 3 à 4 millions d'euros par an sur les dix ans passés pour bâtir un réseau de transport de 160 km. Deux derniers tronçons, respec tivement de 16 km (2,3 millions d'euros) et 12,5 km (4 millions d'euros) parachèveront ces tra vaux en 2014. « L'objectif est de sécuriser le département en répartissant mieux la ressource sur le territoire, en compensant les variations saisonnières très fortes et en cherchant à parer à d'éventuels arrêts, programmés ou non, des usines majeures », explique Françoise Jehanno, directrice générale des services. Comme souvent, les grandes villes du département fonctionnent de façon autonome, mais des échanges d'eau existent entre Vannes et Lorient aggloméra tion. « Le transport d'eau par des conduites de transfert (feeders) est onéreux. Eau du Morbihan privilégie donc les ressources locales quand elles sont suffisantes et déjà disponibles par maillage de réseaux de distribution, y compris celles des collectivités voisines non adhérentes », observe sa responsable.
D'autres collectivités du Grand Ouest cumulant développement démographique, déficit quantita tif et pointes de consommation estivale liées au tourisme ont dû lancer de gros programmes de sécurisation. En Loire-Atlantique, la communauté d'aggloméra tion de la région nazairienne et de l'estuaire (Carene) est maître d'ouvrage des travaux d'intercon nexion de 65 km et de 56 millions d'euros qui renforceront d'ici à 2017 son dispositif de sécurisa tion avec Nantes métropole et Cap Atlantique.
Une convention entre les trois collectivités a été signée en juillet 2013 pour formaliser ces échanges. « Nantes nous alimentait déjà par cette canalisation, mais le schéma départemental de sécurisation élaboré en 2005 prévoit un déficit de ressource à l'horizon 2020-2025 pour la Carene et Cap Atlantique. Il était donc nécessaire de renforcer la capacité pour sécuriser l'interconnexion. Nous installerons donc un feeder de Nantes jusqu'à Cap Atlantique en passant par la Carene. Par ce biais, nos trois collectivités seront interconnectées et nos trois ressources (usine de Férel, nappe de Campbon et eau de la Loire pompée par Nantes) pourront se secourir mutuel lement », résume Christian Morin, direc teur de l'eau et de l'assainisse ment à la Carene. Un peu plus au sud, la Vendée ne bénéfice que de 25 points de ressource pour son approvisionnement. D'après son schéma directeur, le syndi cat départemental Vendée Eau, chargé de l'alimentation en eau potable de 277 communes, devra faire face en année très sèche à un déficit potentiel de 8 millions de mètres cubes à l'horizon 2025. Alimenté à 90 % par des barrages, donc très dépendant des épisodes de sécheresse, il a lancé des tra vaux d'interconnexion internes dès 2009 engageant jusqu'en 2016 près de 50 millions d'euros. En complément, pour sécuriser son secteur nord-est, il lancera cette année l'étude pour le ren forcement d'une interconnexion interdépartementale avec l'usine de Basse-Goulaine du syndi cat Eau potable du Sud-Loire. « L'ensemble de ces travaux va nous assurer un volume supplémentaire les années très sèches et en pointe, en cas de problèmes ponctuels sur nos usines de production », souligne Jérôme Bor toli, directeur de Vendée Eau.