L'agence de l'eau Loire-Bretagne a déjà accompagné l'élaboration de 28 schémas directeurs départementaux. Pourquoi avoir imposé cet outil ?
Cette vision départementale est particulièrement adaptée à notre bassin, en proie à la nécessité de partager une res source fragilisée. Elle permet de synchroniser les besoins et les moyens des collectivités, de projeter des travaux cohérents du système d'alimentation en eau potable en s'affranchis sant des éventuels clivages politiques. En 2006, nous avons donc sollicité le bureau d'études Safège pour qu'il éla bore un modèle de cahier des charges des schémas direc teurs départementaux d'ali mentation en eau potable. Depuis, dans les neuvièmes (20072012) et dixièmes pro grammes (20132018), nous conditionnons les finance ments des gros travaux d'eau potable (interconnexions, forages et usines de traite ment) aux préconisations de ces schémas. Si une collecti vité décide de s'interconnecter avec une voisine uniquement par affinité, elle devra se passer de nos aides. L'agence de l'eau AdourGaronne mène la même politique.
La sécurisation du bassin est-elle aujourd'hui assurée ?
La situation est très contras tée. Dans l'est du bassin, où les ressources sont nom breuses et abondantes, les besoins de sécurisation sont faibles. C'est l'inverse dans l'ouest qui cumule déficit quantitatif et forte demande estivale. Le cas de la Beauce est à part puisque les inter connexions déployées s'appa rentent plus à de la substitu tion de ressource qu'à de la sécurisation. Par vigilance, nous conditionnons dans ce cas les financements de conduites à l'engagement de contrats territoriaux de lutte contre la pollution diffuse. D'autant plus que 223 res sources risquent encore d'être abandonnées sur le bassin, majoritairement en région Centre (117, dont 70 en Eure etLoir). Sur le neuvième programme, nous avons glo balement soutenu 371 opé rations d'interconnexions pour 312,9 millions d'euros de travaux. Les principales opérations liées à la mise en place d'interconnexions structurantes, en Vendée, en IlleetVilaine ou dans le Morbihan, sont aujourd'hui derrière nous. Cela dit, le ren forcement de la conduite de secours entre Nantes et SaintNazaire restera probablement l'opéra tion la plus importante du dixième programme sur l'eau potable.
Le renouvellement des réseaux d'eau potable est-il intégré à cet enjeu ?
Avant d'envisager des travaux de sécurisa tion, les collecti vités doivent apprécier la performance de leur patrimoine et le rende ment de leurs réseaux. C'est la priorité. Nous ne finançons les intercon nexions que pour des rendements supérieurs à 75 % en milieu rural et 85 % en milieu urbain. En revanche, nous ne soutenons pas les travaux de renou vellement car avec 34 % du linéaire national de réseau, nous devrions augmenter nos redevances de 50 % à plus de 100 %. l