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EAU

3 Mobiliser de nouvelles ressources

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2014
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Dans les stratégies de sécuri­ sation, la recherche de nou­ velles ressources fait partie des scénarios à explorer. Mais en trouver des souterraines reste une démarche aléatoire. Elle nécessite qu'un hydrogéologue mène des investigations sur un ou plusieurs sites. Il faudra réaliser des forages d'essai, lancer des tests de pompage et s'ils s'avèrent concluants, alors seulement mettre en œuvre les forages d'exploitation. La recherche est donc longue et hasardeuse, mais si l'eau se révèle de bonne qualité, cette solution s'avère bien moins coû­ teuse que l'interconnexion de deux ressources existantes. Il s'agit donc pour la collectivité de savoir placer le curseur. Dans son schéma départemental d'alimentation en eau potable, le Loir-et-Cher, qui dispose de nappes profondes mobilisables en Sologne, a préconisé sur ce secteur le recours à de nouvelles ressources plutôt que l'inter­ connexion dès que la distance entre deux communes dépasse 6 km. « C'est le meilleur choix technico-économique, d'autant plus que les consommations du secteur sont faibles », souligne Jacques Launay, chef de service qualité de l'eau au conseil géné­ ral du Loir-et-Cher. Mais les deux solutions ne sont pas forcément à opposer. Par exemple, Noréade (59), la régie du Siden-Sian, n'aurait pas déve­ loppé les interconnexions sans l'ouverture progressive de trois champs captants majeurs en vingt ans. Cette nouvelle res­ source a aussi permis de ralen­ tir ou d'abandonner les captages locaux à la qualité médiocre ou ceux impossible à protéger réglementairement. Les principales causes d'abandon de captage en France s'expliquent souvent par les mêmes raisons : dégra­ dation de la qualité de l'eau, faibles débits, captages non protégeables ou encore rationa­ lisation de la ressource. D'après la dernière étude de la direction générale de la Santé publiée en 2012, environ 4 800 captages ont été abandonnés entre 1998 et 2008, sur 34 000 ouvrages recensés. « Ces dix dernières années, nous avons accueilli dans le syndicat plus d'une centaine de petites communes qui n'avaient plus la capacité d'investir pour maintenir la conformité de leurs captages communaux », observe Michel Dupont, directeur géné­ ral adjoint de Noréade. Et c'est bien souvent le cas. Lorsque la communauté d'agglomération d'Annecy ( C2A) s'est créée, le syndicat des Roselières composé de deux communes devait faire face à une installation de trai­ tement de l'eau du lac obsolète et des sources dont la turbidité pouvait dépasser les normes. Il a préféré abandonner ses cap­ tages et s'associer à l'aggloméra­ tion dans le cadre d'une entente intercommunale. « C'est un calcul financier. L'installation d'un traitement lui aurait coûté 3 millions d'euros au lieu de 1 million pour l'interconnexion à notre ressource », précise Pierre Bruyère, vice­président de l'environnement à la C2A. Par rationalisation progressive de son approvisionnement, l'ag­ glomération d'Annecy a mis en veille la production régulière de quatre ressources et abaissé celle de deux autres. Les installations sont cependant main tenues en état de fonctionnement et conservées en réserve pour le secours. « L'été dernier, face à une modification des caractéristiques de l'eau du lac, nous avons dû baisser un peu la production d'une de nos deux usines. Pour compenser, nous avons réactivé ces ressources en sommeil. Cela nous laisse une réserve de 20 % de capacité sur la production principale », précise Christian Lépinard, directeur de l'environ­ nement de la collectivité. Au final, entre abandon ou mobilisation, pas de formule toute faite et à chaque collectivité de gérer sa ressource en fonction de ses besoins. Pour faire face à l'important déficit en eau prévu par son schéma direc­ teur, Vendée Eau doit ainsi mul­ tiplier les scénarios de sécurisa­ tion. Si l'interconnexion prime, la mobilisation de ressources est également au programme. Et sur ce territoire où les cap­ tages souterrains sont très peu productifs, une solution origi­ nale est à l'étude. « Nous pourrions utiliser l'ancienne carrière des Clouzeaux comme réservoir pour stocker l'hiver 2 à 3 millions de mètres cubes issus de l'excédent du barrage du Jaunay », imagine Jérôme Bortoli, direc­ teur de Vendée Eau. Si le projet se fait, le coût de mobilisation est estimé à 15 millions d'euros. Noréade a également des vues sur une nouvelle ressource. « Nous envisageons si besoin de valoriser les eaux d'exhaure des carrières de calcaire carbonifère de l'Avesnois pour l'alimentation en eau potable. Cette pratique n'existe pas encore en France, mais il y a déjà des références en Belgique  », observe Michel Dupont. 


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