L'ADN environnemental, ou ADNe, pourrait bien simplifier les inventaires de biodiversité. La société Spygen, issue du laboratoire d'écologie alpine (LECA), propose d'identifier les espèces présentes dans un milieu à partir de l'ADN qu'elles y laissent (cadavres, excréments, mucus, etc.). Des échantillons d'eau sont collectés dans une mare et soumis à des techniques d'amplification et/ou de séquençage de l'ADN. « On peut cibler particulièrement la présence d'espèces rares ou bien des espèces invasives de manière précoce. Cela pourrait aussi servir d'outil de veille à grande échelle afin de limiter les coûts d'inventaire », détaille Tony Dejean, président de Spygen. Il estime ainsi le coût d'inventaire par ADNe dix fois plus faible qu'une pêche électrique classique. Spygen propose déjà ses services et a travaillé sur l'inventaire de la grenouille-taureau dans le Sud-Ouest, une espèce invasive, ou dans les marais camarguais sur la Cistude d'Europe, une espèce de tortue menacée de disparition. Seul bémol, la technique ne permet pas actuellement de rendre compte de la répartition des espèces dans le milieu. « C'est une question de représentativité de l'échantillon. Au début nous ne faisions que trois prélèvements de 15 ml dans le milieu. L'année prochaine, nous pourrons prélever en continu sur tout le site grâce à un bateau télécommandé pour que l'échantillon soit plus représentatif du milieu. Pour cela, nous utilisons des techniques de filtration permettant de concentrer l'ADN et donc d'échantillonner jusqu'à 100 litres d'eau », explique Tony Dejean. La société travaille aussi en partenariat avec l'Irstea pour fiabiliser l'outil sur les cours d'eau ou les grands milieux (lacs, barrages).