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Sortons des faux débats sur le renouvellement !

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2015
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Vous réfutez les arguments utilisés pour conclure à la nécessité de doubler le taux de renouvellement du parc français. Est-ce à dire que le réseau se porte bien ? Il s'agit surtout de ne pas biaiser l'analyse des besoins. Le taux de renouvellement annuel est généralement converti en durée de remplacement. Avec le 0,6 % actuel, il faudrait ainsi cent soixante-dix ans pour rénover l'ensemble du linéaire français. Or de façon quasi systématique, cette durée de remplacement est comparée à la durée de vie moyenne estimée du réseau (entre cinquante à cent ans) ; ce qui conduit à juger de l'insuffisance du rythme actuel. Or ce raisonnement est faux. C'est un peu comme si en démographie, on liait l'espérance de vie de la population à son taux de mortalité. Cela ne prend pas en compte l'élément essentiel que représente la pyramide des âges. Rappelons quand même que 60 % du réseau d'eau potable a moins de quarante ans. Au lieu de raisonner en durée de vie, il serait donc plus juste d'utiliser la durée de maintien en service basée sur une approche statistique par courbe de survie. Dans nos recherches, nous observons alors bien une augmentation des besoins nationaux de renouvellement, mais elle sera progressive et variable selon les contextes. Par exemple, sur le cas d'étude d'un réseau urbain en fonte grise, les besoins vont progressivement atteindre un pic de 1,5 % en 2050, mais ils resteront inférieurs à 0,5 % jusqu'en 2020. Au lieu d'une politique de gestion patrimoniale préventive basée sur l'application d'un taux de renouvellement annuel fixe, vous prônez un renouvellement sur mesure ? Tout à fait, l'objectif des collectivités est bien de garantir une performance en termes de continuité de service, de qualité d'eau distribuée et d'impact sur l'environnement. Le renouvellement doit donc être vu comme un outil pour y parvenir, et non comme une fin en soi. En amont, la connaissance du patrimoine est primordiale pour orienter les choix de la collectivité. À court terme, il faut cibler les travaux de renouvellement sur les canalisations prioritaires. Pour accompagner cette démarche, l'Irstea a élaboré, dès 2007, le progiciel Casses qui prédit la probabilité de défaillance des réseaux. Les besoins en financement doivent, quant à eux, être programmés sur le long terme pour maintenir la performance tout en lissant l'augmentation du prix de l'eau. Les collectivités doivent anticiper le financement des travaux futurs, mais il serait contre-productif de renouveler aujourd'hui une conduite qui ne devrait l'être que dans dix ans. Cette stratégie est-elle en phase avec le respect de rendements seuils ? Pour certains services en milieu rural, dépasser 65 % de rendement sera compliqué et coûteux sur le plan financier et environnemental. Mais lorsque la ressource en eau est abondante et les moyens financiers réduits, doit-on forcer le renouvellement pour quelques points de ren dement ? On peut légitimement se demander si le jeu en vaut la chandelle. l


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