Les projets de schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage) 2016-2021 et leur programme de mesures (PDM) sont soumis au public jusqu'au 18 juin prochain dans chacun des douze bassins métropolitains et ultramarins. Une étape qui participe à l'objectif de construire collectivement l'avenir de l'eau. Mais si la réglementation impose cette vaste consultation, certains en contestent l'intérêt et l'efficacité. C'est le cas de deux membres du comité de bassin de l'agence Seine-Normandie, qui prennent la parole dans le numéro 58 de Confluence, le journal de l'agence. À la lumière de la précédente consultation sur le Sdage 2010-2015, Jean-François Bel chiffre à un million d'euros « l'envoi d'un questionnaire qui ne nous a rien appris de nouveau », et affirme « ne voir aucun intérêt à réitérer l'expérience ». Jean-Pierre Barnagaud reconnaît que « cette méthode est totalement inadaptée », mais reste convaincu « que la consultation directe ne doit pas être abandonnée ».
Cet échange est tout à fait représentatif des réflexions nationales en cours sur la démocratie participative. Ségolène Royal vient d'en lancer le chantier à la demande du président de la République, exprimée lors de la dernière Conférence environnementale à la suite des fortes contestations à Notre-Dame-des-Landes, à Sivens ou encore à Roybon. Autant de projets d'aménagement qui ont respecté la procédure administrative dans toutes ses étapes. Christian Leyrit, le président de la Commission nationale du débat public (CNDP), a reconnu lui-même que « les processus de concertation ouverte en amont sont faibles alors que l'on a multiplié les procédures, les consultations obligatoires, procédures souvent formelles et de faible portée ». Un récent sondage TNS Sofres, commandé par la CNDP, montre à la fois une forte demande de participation des citoyens et une attente de garanties de neutralité des experts et d'indépendance dans l'organisation du débat public.
C'est dire que tout le monde a bien conscience qu'il va bien falloir inventer de nouvelles formes de participation pour permettre un vrai dialogue entre citoyens, experts et décideurs politiques. Avec sur le fond une question fondamentale : comment articuler démocratie représentative et démocratie participative ?