L'Ineris a publié les résultats d'une étude sur la contamination d'un poisson d'eau douce, le goujon, par les microplastiques. Ces débris, de taille comprise entre 0,5 et 5 mm, sont retrouvés dans les milieux aquatiques sous forme de microfibres, microbilles ou fragments issus de déchets plus gros. « Si l'effet des débris plastiques sur les animaux marins est connu, peu de données existent sur la contamination des écosystèmes d'eau douce », explique Jean-Marc Porcher, r e s p o n s able de l'unité Écotoxicologie in vitro et in vivo (Écot). La présence de microplastiques a été recherchée chez 812 individus issus de 33 sites répartis sur différents cours d'eau français. Les résultats ont démontré que 10 % des goujons renfermaient des microplastiques dans leur appareil digestif, prin cipalement des microfibres et des microbilles, plus rarement des fragments. Un taux de contamination comparable à celui qui est observé pour les poissons marins. « Nous avons montré que le goujon est exposé aux microplastiques, mais nous n'avons caractérisé ni leur origine ni leurs effets sur les organismes », prévient Jean-Marc Porcher. La prochaine étape sera d'étudier en laboratoire l'effet de l'ingestion des microplastiques sur la réponse immunitaire des goujons.