Le compte à rebours du Plan breton pour l'eau (PBE) est lancé. Moteur de l'initiative, le conseil régional a choisi une logique participative avec l'installation de la Conférence bretonne de l'eau et des milieux aquatiques (CBEMA) début décembre 2014, afin d'élaborer ce plan régional d'ici à 2016. Ce plan, non contraignant, ne nécessite pas que la collectivité prenne une nouvelle compétence. Réaffirmant son droit à l'expérimentation dans le domaine de l'eau, la Région Bretagne s'appuie sur son rôle d'acteur du Sdage et de financeur – elle mobilise quelque 11 millions d'euros par an à travers les aides aux investissements (stations d'épuration…) ou à l'animation des Sage, hors mesures agroenvironnementales.
Son objectif reste la qualité des milieux aquatiques. « Le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage), en cours de révision, fixe l'objectif de bon état pour deux tiers des cours d'eau en Bretagne. Nous n'en sommes qu'à 32 % dans la région, il nous faut accélérer le rythme », explique Aude Witten, chargée de l'organisation de la politique de l'eau à la région. La conférence vise à « offrir un lieu de débats argumentés, préparés en amont par des ateliers et groupes de travail, en vue d'éclairer les décisions politiques », assure Aude Witten. Cette concertation s'articule avec les outils existants que sont le Sdage, le contrat État-région 2014-2020 ou le Fonds européen agricole de développement rural (Feader). Un autre volet du PBE porte sur la coordination des financements publics sous la forme d'un projet de guichet unique associant services de l'État, agence de l'eau, région, trois départements (la participation du Morbihan n'étant pas confirmée). Outre les financeurs, la région invite à la table des discussions des structures porteuses de Sage, commissions locales de l'eau (CLE) et EPCI volontaires, ou encore les acteurs associatifs, le monde agricole et les industries agroalimentaires. Ce sont près de 170 personnes qui participeront aux deux à trois conférences prévues pendant un an. Les services concernés de la région doivent suivre une formation en vue de « formaliser les travaux participatifs sans coopter le débat », indique Aude Witten. Les premières thématiques identifiées concernent les liens eau-éco no-mie et eau-gouvernance. Avec, en toile de fond, la nouvelle compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations. L'initiative est bien accueillie, en particulier par les CLE. Michel Demolder, à la tête de l'Assemblée permanente des présidents de CLE de Bretagne (APPCB), constate « la nécessité d'aborder de manière transversale les questions de l'eau, en particulier en lien avec l'urbanisme. Nous attendons aussi de cette conférence une meilleure lisibilité de la politique de l'eau à l'égard des citoyens ». Quant au guichet unique, « il permettrait de déposer un seul dossier de subvention, là où il en faut plusieurs aujourd'hui ». Une fois le PBE établi en 2016, la conférence deviendra un organe de suivi et d'évaluation.