Dans les communes de petite taille, il n'est pas rare que les captages ne reçoivent pas ou peu de traitement, ce qui les rend plus vulnérables à tout événement exceptionnel de pollution. Une étude sur la qualité de l'eau potable publiée en octobre dernier par l'ARS Midi-Pyrénées et l'agence de l'eau Adour-Garonne pointe encore du doigt leurs difficultés. Sur ce bassin, les unités à fiabiliser sont en grande majorité de très petite taille (moins de 500 habitants pour 86 %).
Le principal facteur déclassant est la bactériologie sur des installations dont la moitié fonctionne sans désinfection de l'eau brute.
« La désinfection de la ressource n'est pas obligatoire en France si elle est suffisamment protégée, mais nous l'installons chez nos clients par précaution », confirme Philippe Kientzy, directeur technique de la région Est chez Veolia Eau. « En milieu rural, la proximité d'un élevage provoque toujours un risque potentiel sur la bactériologie. » En Haute-Saône, l'agence technique départementale Ingénierie 70 a accompagné l'installation de petites unités de chloration pour mettre les communes en conformité. « Nous avons réglé les problèmes de bactériologie. En revanche, il reste des aménagements à faire au niveau de la neutralisation des eaux agressives du massif vosgien. Quelques communes distribuent des eaux nécessitant une reminéralisation et nous les assistons pour l'installation d'une unité », précise Pascal Valentini, directeur d'Ingénierie 70. Dans la région Est, Veolia Eau a aussi modifié le pilotage d'une dizaine de petites installations pour les adapter à la substitution du maërl par du calcaire terrestre ou du calcaire marin d'Islande. « Les petites collectivités doivent privilégier les solutions simples et fonctionnelles, les moins coûteuses en investissements et en fonctionnement », juge encore Philippe Kientzy. Par exemple, pour traiter des eaux trop chargées en manganèse et en fer, Veolia optera pour une filtration sur un sable manganifère catalytique plutôt qu'une oxydation au permanganate de potassium suivie d'une filtration sur sable.
L'objectif est de limiter au minimum l'achat de produits chimiques et les réglages. Idem pour l'arsenic : l'exploitant privilégie pour les petites unités de moins de 20 m3 /heure une absorption sur hydroxyde de fer (GEH) plutôt qu'une oxydation avec deux réactifs suivie d'une filtration, générant des boues. Pour les pesticides, le charbon actif en grains se rajoute faci lement sur une unité existante. Quant aux nitrates, les résines sont accessibles mais posent la question des rejets. Les membranes (ultrafiltration ou nanofiltration) restent chères mais permettent de régler des problèmes de qualité combinés. Dans l'Orne, deux syndicats voisins, Domfront (9 communes, 3 500 abonnés) et Passais (8 communes, 2 500 abonnés), confrontés au même problème de pesticides ont choisi de fusionner au sein d'un syndicat mixte de production pour construire ensemble une usine d'ultrafiltration de 240 m3 /heure pour 8,5 millions d'euros. « Nous serons interconnectés et l'usine aura en plus une double alimentation sur deux rivières, ce qui nous permettra d'optimiser la sécurisation de nos ressources à moindre coût », précise Robert Loquet, président du syndicat.