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LE DÉFI DE L'ENTRETIEN DES INSTALLATIONS D'ANC

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2015
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Ces dernières années, le débat s'est cristallisé autour de la vidange des installations, à la suite de l'arrêté du 7 septembre 2009 imposant un agrément préfectoral aux professionnels qui effectuent cette prestation en assainissement non collectif (ANC). S'il est gage de traçabilité des déchets collectés, force est de constater que le suivi de cet agrément sur le terrain reste un point faible. Cependant, avec l'évolution du marché, la problématique ne se limite plus à la seule vidange mais concerne plus largement l'entretien, incluant l'ensemble des opérations nécessaires au bon fonctionnement des installations, dont la maintenance. Il y a encore peu de temps, la fosse septique était la norme, en l'absence de raccordement d'une habitation au système public de collecte. L'entretenir consistait principalement à pomper les boues accumulées en son fond et à nettoyer les canalisations amont et aval. Or depuis 2010, l'arrivée sur le marché des dispositifs agréés et leur grande diversité ont profondément changé la donne. Il n'est pas toujours évident de s'y retrouver parmi les 363 dispositifs agréés en octobre 2014, et encore moins quand il s'agit d'en réaliser l'entretien. Il n'est pas rare que plusieurs compartiments et/ou cuves constituent l'installation. La première question à se poser est donc de savoir où intervenir. Viennent ensuite les questions des opérations à effectuer (pompage, rinçage, etc.) et des outils adaptés pour les réaliser. Il apparaît nécessaire de connaître ces installations, d'autant plus que la fréquence d'entretien varie d'un dispositif à l'autre. Cette apparente complexité peut toutefois être relativisée dans la mesure où ces équipements peuvent être classés en grandes familles : les microstations à boues activées, les microstations à cultures fixées et les installations composées d'un massif épurateur (sol en place, sable, coco, laine de roche…). Des similitudes se retrouvent ainsi entre procédés de la même famille, chaque dispositif gardant toutefois ses spécificités. Le recours au guide utilisateur fourni avec l'installation et précisant les modalités d'entretien peut aussi être une aide efficace et il convient d'en prendre connaissance en amont. En outre, le propriétaire sollicitant une intervention ignore parfois le type de filière installée sur sa parcelle. Les opérateurs doivent alors rassembler tout leur bon sens pour comprendre le cheminement de la filière et proposer un entretien adapté. Bien conscients de ces difficultés, de plus en plus de fabricants proposent des formations visant spé ci fiquement à la connaissance et à l'entretien de leurs produits. Certains vont jusqu'à l'accréditation ou l'habilitation dans la mesure où une attestation est délivrée aux professionnels ayant suivi la formation avec succès, dessinant ainsi de nouvelles formes de partenariat entre le monde industriel et les sociétés de services, représentées par le Syndicat national des entreprises de services d'hygiène et d'assainissement (SNEA) affilié à la FNSA. Il est à noter que l'entretien des installations d'ANC requiert désormais des compétences, notamment en électromécanique, jusqu'alors réservées à l'assainissement collectif. La parution en 2015 de la norme révisée NF P15-910 visant à la connaissance et à l'entretien des installations va également fournir des outils concrets et faciliter les interventions de terrain. Reprenant les prescriptions générales d'intervention (accès, accessibilité des ouvrages, sta tion nement, sécurité sur le chantier, etc.), ce document dresse de manière quasi exhaustive l'ensemble des opérations d'entretien et de maintenance à réaliser par famille d'installations. Il convient ensuite de piocher dans ce mémento pour s'adapter à la situation rencontrée. La contractualisation de ces prestations est également abordée et un modèle de contrat mis à la disposition des acteurs. Un nouveau cadre d'intervention se dessine donc, tant d'un point de vue commercial que technique, et les sociétés de services réalisant l'entretien des installations ont d'ores et déjà pris les mesures afin de proposer une offre de qualité en adéquation avec la demande et la réalité de terrain. À l'heure où la crise économique touche l'ensemble des acteurs, y compris les particuliers, il convient en effet de rationaliser les investissements et de s'assurer de leur durabilité. Faire entretenir son ANC par un professionnel formé est le facteur majeur permettant d'y contribuer. Afin d'aider les opérateurs réalisant l'entretien des installations – et plus largement d'informer tous les acteurs de l'ANC –, la FNSA a lancé en septembre 2014 la production d'un outil, le pictogramme détrompeur. Ce visuel, qui décline plusieurs messages, a pour but d'informer les opérateurs des interventions à effectuer et des manipulations à éviter. Laver à haute pression (HP) un compartiment comprenant des membranes ou encore pomper l'intégralité de la cuve contenant les supports de cultures fixées serait en effet contre-productif. Afin d'éviter ces mauvaises manipulations, cinq pictogrammes ont à ce jour été maquettés : lavage HP, pas de lavage HP, pompage, pas de pompage et pas de descente dans l'ouvrage. Mais ce nombre n'est pas restrictif et pourra évoluer selon la demande de terrain et celle des fabricants. Car l'objectif est bien d'intégrer ces pictogrammes dans les guides utilisateurs accompagnant les dispositifs et directement sur les dispositifs. La FNSA propose de mettre à disposition des fabricants les fichiers haute définition de ces derniers pour qu'ils puissent les apposer librement aux emplacements requis avec les modalités de leur choix (plaque, pochoir, gravure). L'appel a été lancé et Eloy Water a d'ores et déjà manifesté son intérêt pour la démarche.


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