L'association Aqui'brie s'est rapprochée de l'Irstea pour la réalisation de bassins expérimentaux visant à épurer les eaux issues du drainage agricole avant qu'elles ne s'infiltrent dans la nappe du Champigny, un aquifère qui alimente près de 1 million de Franciliens. Les aménagements ont été construits sur un bassin agricole de 400 hectares en amont de la zone de captage d'eau potable de la ville de Nangis, sur la commune de Rampillon (77). Le site se compose de quatre bassins dans lesquels l'eau séjourne au minimum deux semaines. En amont, une mare réhabilitée et deux zones humides artificielles de 2 000 m2 construites chez deux agriculteurs épurent une partie des eaux de drainage agricole puis une zone tampon de 1,4 hectare traite l'ensemble des eaux du bassin versant. Les aménagements sont équipés de vannes que l'agriculteur ouvre et ferme après l'épandage afin de dévier l'eau de drainage vers le dispositif. « Les bassins sont dimensionnés pour traiter le maximum de flux de pesticides dans un minimum d'eau, et ainsi réduire l'emprise au sol des aménagements », précise Julien Tournebize, ingénieur responsable du projet à l'Irstea. L'eau est épurée grâce une combinaison de processus impliquant photolyse, dégradation bactérienne et stockage par les racines des plantes. Ce dispositif permet un abattement des concentrations de pesticides de 50 % et une réduction du taux de nitrates de 66 à 46 mg/l. « Une réflexion sur le déploiement de cette technologie est en cours dans le but de proposer une solution aux bureaux d'études », indique Julien Tournebize. Le coût du projet, de 233 000 euros, a été pris en charge de moitié par l'agence de l'eau Seine-Normandie et à 50 % par le dé par tement de Seine-et-Marne et la Région Île-de-France. L'initiative a été récompensée le 21 octobre dans la catégorie « génie écologique au service de la lutte contre les pollutions diffuses agricoles » par le ministère de l'Écologie. FC