Quand il s'agit de trouver de nouvelles ressources en eau, les ingénieurs rivalisent de créativité. Mageo, un bureau d'études lillois spécialisé en génie urbain, propose de puiser l'eau des anciens aqueducs pour irriguer le futur écoquartier de Rungis. Une partie de l'eau de l'aqueduc de Médicis, qui alimentait Paris il y a quatre siècles, sert déjà à nettoyer les voiries du marché international de Rungis. Pour convaincre l'établissement public d'aménagement d'Orly-Rungis-Seine Amont (Epa Orsa) – le don-neur d'ordres du projet d'éco-quartier – que cette solution originale pouvait s'appliquer à la permaculture et à l'irrigation de surfaces maraîchères, Mageo a réalisé une synthèse des études hydrogéologiques. « L'aqueduc de Paray, qui draine les eaux souterraines du plateau sud de Rungis, pourrait fournir 29 m3 par jour », souligne Ludovic Danneels, chargé d'affaires génie urbain pour Mageo. Cet apport compléterait les autres ressources recensées, telles que la récupération des eaux de ruissellement sur les toitures et voiries des quartiers alentour. « L'eau captée est une ressource fiable puisqu'elle dépend moins directement des conditions météorologiques », précise Ludovic Danneels. L'eau des aqueducs permettrait alors d'assurer 80 % de l'irrigation entre juin et septembre. Seul bémol, l'eau est très minéralisée, bien qu'aucune pollution n'ait été détectée. Afin de lever les derniers doutes, la société d'aménagement foncier et d'établissement rural mène actuellement une étude plus poussée.