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LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2016
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Aujourd'hui, en France, l'acceptabilité sociale des nuisances olfactives liées à l'assainissement diminue. Les cahiers des charges des collectivités se durcissent en la matière. Or, dans le même temps, l'urbanisation croissante des zones périurbaines expose davantage les riverains aux émissions des stations d'épuration. Un constat qui a poussé les exploitants à dévoiler le problème au grand jour, en établissant un dialogue constructif avec les riverains qui se trouvent dans des sites sensibles. Dans le cadre de son offre complète de gestion des odeurs Nose (« No Odors for Suez Environnement »), Suez a notamment développé sa roue des odeurs, une méthodologie élaborée avec l'université de Californie, qui traduit la perception des odeurs en langage vulgarisé. « En ce qui concerne les odeurs, l'approche humaine est aujourd'hui aussi importante que l'approche technique. Nous avons donc cherché à établir un langage commun entre exploitants et riverains sur le ressenti des odeurs. Nous formons également au sein des riverains des jurys de nez qui deviennent les sentinelles des sites », explique Robert Kelly, responsable business incubateur Nose du Cirsee chez Suez. Ce souci de transparence est mis en avant par tous les exploitants. Ils n'hésitent plus à impliquer les riverains dans le suivi des odeurs. Dans les sites sensibles, des habitants volontaires réalisent des observations à fréquence régulière. Un bilan des retours et des plaintes permet alors aux exploitants d'améliorer leurs pratiques. La société Clauger propose la mise en œuvre et l'animation d'observatoires environnementaux, une prestation acquise par ce fabricant de procédés de traitement de l'air avec le rachat d'Airpoll fin 2014. « Un observatoire se monte avec un minimum de 10 à 15 bénévoles et peut atteindre jusqu'à un millier de personnes, auquel nous associons, si possible, les industriels, les collectivités, les services de l'État et les associations. Nous analysons deux types d'informations : les observations spontanées et les observations planifiées corrélées aux données des process, de la météo et des capteurs de qualité de l'air. Aujourd'hui, l'enregistrement des informations est simplifié avec Internet et les smart-phones », précise Fabrice Blanco, responsable du pôle environnement chez Clauger. Certains grands groupes préfèrent déléguer cette mission assez chronophage. Saur, par exemple, travaille avec la société belge Odometric qui réalise des plans de surveillance d'odeurs associant les riverains. En interne, les exploitants installent également dans les sites sensibles leurs propres systèmes de surveillance. Des réseaux de capteurs analysent alors en continu les odeurs ou les concentrations de certains gaz odorants indicateurs, notamment le sulfure d'hydrogène et l'ammoniac. À ce niveau, la cote des nez électroniques, des appareils perfectionnés équipés de multicapteurs à oxydes métalliques (MOS) et électrochimiques capables de donner l'empreinte olfactométrique des sites, a baissé au profit de capteurs de gaz spécifiques. « Dans les grandes stations, au lieu d'utiliser plusieurs nez électroniques, délicats à mettre en œuvre et très coûteux, nous préférons aujourd'hui quadriller le périmètre du site avec un grand nombre de capteurs de gaz à coût réduit », observe Christophe Renner, responsable du traitement gaz et valorisation chez Veolia. Olivier Cagnard, ingénieur recherche et développement chez Saur, relativise également l'apport des nez électroniques. « Leurs mesures ont tendance à dériver sur le long terme, d'où la nécessité de réétalonnages réguliers et coûteux. En outre, l'implantation du nez est délicate sur le périmètre du site. S'il n'est pas positionné sur une source cana-lisée, il peut être contourné par le flux d'odeurs et ne rien détecter. » Aujourd'hui, le fabricant de nez électroniques Alpha Mos réalise 90 % de son chiffre d'affaires à l'export, notamment en Chine. « Nous avons installé une vingtaine de nez en France en assainissement, mais les stations d'épuration françaises sont assez récentes et posent assez peu de problèmes d'odeurs », juge Mathieu Huet, qui précise que les capteurs Mos qui fournissent des mesures olfactométriques sont à changer et à réétalonner tous les trois ans. Un réseau de capteurs installés sur les ouvrages les plus émissifs peut déjà sonner l'alarme. Ces mesures couplées à celles d'une station météorologique servent alors à alimenter un modèle de dispersion du panache d'odeurs, qui aide à visualiser en temps réel l'empreinte olfactive du site. Les grands exploitants ont tous élaboré leurs propres dispositifs : Odocontrol chez Veolia, Plateforme Nose chez Suez et Olfaweb chez Saur. « Notre outil peut aussi travailler sans capteurs de mesure en continu. Le modèle est alors calé pour chaque situation de travail par deux campagnes de mesure, explique Olivier Cagnard chez Saur. Nous allons développer au sein d'Olfaweb l'aspect prévisionnel des panaches en fonction des prévisions météo. Nous pourrons ainsi planifier la maintenance préventive des ouvrages pour limiter au maximum les nuisances olfactives. Et cela nous aidera également à désamorcer les conflits potentiels avec les riverains, en les prévenant d'un éventuel pic d'odeurs. » De son côté, Suez a déjà équipé trois grandes stations d'épuration françaises (Bordeaux, Cannes et Béziers) de sa plateforme Nose. « Nous pouvons paramétrer des seuils d'alerte dans le système et si le panache dépasse les frontières du site, l'exploitant en est directement informé et peut ajuster le pilotage du traitement de l'eau et de la désodorisation », précise Robert Kelly.


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