Longtemps délaissée, car jugée peu rentable, l'hydroélectricité de basse chute et à faible débit pourrait trouver un regain d'intérêt. Turbiwatt, une PME bretonne, a développé une turbine adaptée à ces conditions. « Nous avons miniaturisé un générateur basse vitesse à haut rendement qui se loge dans la turbine. Il n'y a donc pas d'arbre de transmission, ce qui améliore les performances et simplifie la turbine en réduisant les pièces d'usure », détaille Didier Greggory, président de Turbiwatt. Les trois modèles de turbines de 6 à 60 kW sont standardisés avec 85 % de pièces communes, ce qui permet de réduire les coûts de fabrication. « La turbine est rentabilisée en deux ou quatre ans hors génie civil. Avec les travaux, on constate en moyenne un retour sur investissement de quatre à huit ans », précise Didier Greggory. La société a déjà mis en service une ving-taine de turbines, essentiellement chez des propriétaires de moulins. Mais toutes les applications au fil de l'eau sont possibles pour des chutes d'eau à partir de 1,2 m et de 90 l/s de débit : déversoirs, canaux ou écluses. Une collectivité bretonne étudie la possibilité d'installer des turbines sur un déversoir d'étang. « Elles produiraient l'équivalent de 30 % des consommations de l'éclairage public de la commune », s'enthousiasme Didier Greggory. Le dirigeant vise aussi toutes les applications industrielles dotées d'une hauteur de chute pour offrir aux exploitants la possibilité de réduire leurs consommations d'énergie. La société est déjà en contact avec des majors de l'eau pour installer ses turbines en sortie de Step ou au sein d'usines d'eau potable. Une quatrième gamme devrait être développée pour de plus gros débits grâce à une levée de fonds en cours. PRB