Dans les entrailles de Sèvres, « Estelle » s’apprête à entrer en scène. Baptisé le 14 avril, ce micro-tunnelier incarne la face invisible du vaste chantier de modernisation du réseau d’eau. À 15 mètres sous terre, loin du tumulte des six voies de circulation et des contraintes d’un site enclavé entre Seine et infrastructures routières, la machine va forer, poser et renouveler, sans interrompre la vie en surface.
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Intervenir sans interrompre
Le chantier prévoit le forage d’un tunnel de 115 mètres de long à environ 15 mètres sous terre. Entre deux puits d’accès aménagés pour l’opération, le micro-tunnelier posera deux canalisations en acier de 400 millimètres de diamètre, destinées à remplacer une conduite existante située sur le tracé des futurs aménagements. Débutés en septembre 2025, les travaux doivent s’achever à la mi-septembre 2026. Leur organisation vise à maintenir la circulation sur cet axe à six voies, emprunté quotidiennement.
L’intervention doit également permettre d’assurer la continuité de l’alimentation en eau potable pour les 60 000 habitants de Sèvres, Chaville et Viroflay, sans interruption de service pendant toute la durée du chantier. Ce choix technique s’inscrit dans une stratégie plus large du SEDIF visant à développer les méthodes sans tranchée, avec un objectif de 20 % des chantiers réalisés selon ce procédé dans les années à venir.
Au-delà de ce projet, le recours à ce type d’équipement accompagne la politique de renouvellement du réseau menée par le syndicat. Avec un rendement de 91,6 % en 2024, supérieur à la moyenne nationale estimée à 80 %, le SEDIF poursuit ses investissements pour limiter les pertes d’eau. Plus de 60 millions d’euros ont été engagés en 2025 pour moderniser les infrastructures de transport et de distribution. L’établissement, présidé par André Santini, vise un rendement de 93 % à horizon de trois ans.