[ GRAND FORMAT ]

Eau de Paris fête ses dix ans

Crédits photo 1 : Eau de Paris

Le 1er mai, Eau de Paris soufflera dix bougies. En 2009, la remunicipalisation du service public de l’eau avait conduit à sa création, pour alimenter en eau potable la capitale. « Ces dix ans ont de quoi nous rendre fiers de notre réussite collective », a déclaré Célia Blauel, présidente d’Eau de Paris et adjointe à la maire de Paris chargée de la transition écologique, du climat, de l’environnement, de l’eau et de l’assainissement, lors de la cérémonie d’anniversaire organisée le 7 mars dernier, à l’hôtel de ville de Paris.
Le double défi de la remunicipalisation
Pour reprendre la main, Eau de Paris a dû intégrer 900 collaborateurs et gérer l’eau, de la source au robinet, des 3 millions d’usagers parisiens. « Que l’on parle de qualité de l’eau, de performance économique ou de rendement du réseau, nous sommes les seuls responsables et nos actionnaires, ce sont les Parisiens », pointe la présidente. En 2018, le rendement du réseau parisien atteignait à 90,4 % ; 92 % sont visés en 2020.
Un vaste réseau
Le réseau parisien ne se limite pas à Paris intra-muros. Il est composé de cinq vecteurs autonomes, qui traversent cinq régions et douze départements. « Nous avons la chance d’avoir hérité d’un patrimoine exceptionnel », s’enorgueillit l’élue.
Des périmètres sourciers très protégés
Les périmètres sourciers, propriétés de la Ville de Paris, couvrent pas moins de 240 ha dans le sud-est et à l’ouest de la capitale. Ainsi, celui de Villeron occupe 50 ha situés en périmètre de protection immédiate (PPI). Il totalise 36 forages, réalisés entre 1898 et 1992.
Un réseau gravitaire
L’ensemble du périmètre de Villeron fournit 17 000 m3 d’eau par jour, le seul puits Saint-Thomas, aménagée pour l’accueil de public, débitant 7 000 m3. Émergeant naturellement du sous-sol, l’eau file ensuite gravitairement (10 à 13 cm de pente par kilomètre) via des aqueducs jusqu’aux usines de traitement proches de Paris où elle sera débarrassée de ses impuretés.
Accompagner les changements de pratiques agricoles
Autour des champs sourciers, Eau de Paris mène des actions foncières de protection de la ressource. Les aires d’alimentation de captage se situent en effet dans des territoires ruraux. Eau de Paris y propose, avec l’aide des chambres d’agriculture et des coopératives agricoles, des mesures d’accompagnement technique pour développer l’agriculture biologique et trouver des débouchés pérennes aux cultures, dans des circuits courts de distribution et dans les cantines scolaires parisiennes.
Un patrimoine précieux
Une fois captée, l’eau est acheminée par des aqueducs (Avre, Vanne et Loing) jusqu’aux usines de traitement. Une diversité d’approvisionnement qui garantit la sécurité de l’alimentation. Construit au XIXe siècle, l’aqueduc de la Vanne assure le transport d’un tiers du volume journalier des eaux souterraines parisiennes. Long de 156 km, il compte pas moins de 38 ouvrages à arcades totalisant 17 km. En 2019, Eau de Paris va consacrer 4,5 millions d’euros à son entretien.
L’ultrafiltration pour une eau de qualité
Avant la distribution, l’eau subit un traitement pour se conformer aux normes de potabilité. L’usine de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) reçoit les eaux qu’achemine l’aqueduc de la Vanne. D’une capacité de production de 145 000 m3 par jour, elle met en œuvre une décantation, suivi d’une filtration membranaire, avant une désinfection au chlore préalable à son départ dans le réseau de distribution.
Objectif neutralité carbone
Fin 2017, 12 000 m2 de panneaux photovoltaïques sont venus couvrir la toiture de l’usine. Leur production électrique (1 800 MWh), l’équivalent de la consommation de 500 foyers, est vendue à Enercoop. Cette installation s’inscrit dans le cadre de l’objectif d’Eau de Paris, lui-même calqué sur la trajectoire que s’est fixée la Ville de Paris, de la neutralité carbone.
La cathédrale de l’eau
Une fois traitée, l’eau quitte L’Haÿ-les-Roses pour rejoindre Paris. Ultime étape du voyage avant le robinet des Parisiens, les réservoirs de stockage. Situé dans le XIVe arrondissement de Paris, celui de Montsouris, mythique, accueille les eaux en provenance du Loing. Mis en service en 1874, il est capable de stocker jusqu’à 200 000 m3.
Crédits photo 1 : Eau de Paris

Agnès Breton - 26/04/2019
Textes, photos et vidéos : tous crédits Groupe Cayola (sauf mentions contraires)