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[Tribune] Face à la hausse des prix de l’électricité, il est urgent de réconcilier les Français avec le photovoltaïque

[Tribune] Face à la hausse des prix de l’électricité, il est urgent de réconcilier les Français avec le photovoltaïque
Par David Callegari, directeur général d’In Sun We Trust, le 9 septembre 2019.
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Cette semaine, David Callegari, fondateur et directeur général de la jeune pousse spécialiste du photovoltaïque, In Sun We Trust, revient sur la hausse du prix de l’électricité, vouée selon lui à durer et s’accentuer dans le temps. Il suggère donc d’aider dès maintenant les Français à préparer l’avenir grâce au photovoltaïque, via un double choc de confiance et de simplification.

L’été 2019 a été étouffant, mais que les Français se rassurent : il est bientôt l’heure de la douche froide. Au retour des vacances, chacun aura le bonheur de découvrir sur sa facture, l’impact des 7,2 % de hausse des prix de l’électricité, instaurés en juin puis en août.

Une flambée des prix qui a provoqué une de ces mini-polémiques, stériles mais divertissantes, dont notre pays est coutumier. Qui est coupable ? Chacun a donné son avis, on a aligné les suspects : les fournisseurs alternatifs d’électricité ; le poids financier des salaires et des avantages chez EDF ; les taxes mises en place par l’Etat…

Verdict ? Peu importe, car cette hausse record ne doit être qu’une anomalie passagère. Dès le 3 juin, le gouvernement l’assurait : « un nouveau mode de calcul [des prix de l’électricité] sera applicable dès l’année prochaine, dès 2020. » Circulez, il n’y a plus rien à voir !

Pendant ce temps, le vrai coupable court toujours, loin de l’attention politique et médiatique. A savoir, l’emballement des coûts de gestion et de rénovation du parc nucléaire français vieillissant.

Vers la fin de l’exception française en matière de prix de l’électricité

La chose est connue : grâce à son modèle énergétique unique, reposant massivement sur le nucléaire, la France bénéficie d’une électricité moins chère que la moyenne de nos voisins. 11 pays de l’Union européenne paient plus cher que nous leur électricité, y compris l’Allemagne qui paie quasiment deux fois plus (source : données 2018 Eurostat).

Ce qui est moins connu, c’est le boulet financier que représente notre parc nucléaire vieillissant. En 2016, la Cour des Comptes a chiffré à 100 milliards d’euros le « grand carénage », cette opération visant à allonger la durée de vie de nos centrales nucléaires de 40 à 60 ans. Bien plus que ce que prévoyait EDF, qui a aussi sous-estimé le coût d’autres chantiers.
A commencer bien sûr par celui de l’EPR de Flamanville, déjà quatre fois plus cher que prévu et dont la livraison ne cesse d’être repoussée. Ou encore, le coût de démantèlement des centrales nucléaires à l’arrêt, estimé par EDF à 350 millions d’euros par réacteur, et à plus d’un milliard par les exploitants européens. Sans oublier Cigéo, le colossal projet d’enfouissement des déchets nucléaires, dont le montant « officiel » de 25 milliards d’euros est âprement contesté.

Bref, avec tout cela mis bout à bout, on peut conclure de façon réaliste à une addition supérieure à 150 milliards d’euros sur les prochaines années. Qui paiera cette addition ? Fragilisé financièrement, EDF est loin d’en avoir les moyens. Les factures d’électricité sont donc vouées à augmenter, fortement et pour de nombreuses années, afin de couvrir ces investissements. Les jours de l’« exception française » sur les prix de l’électricité sont comptés.

Anticiper la hausse grâce au photovoltaïque plutôt que la subir de plein fouet

5.000 euros par foyer ! C’est ce que représente, formulé autrement, l’investissement colossal réclamé par notre parc nucléaire. De quoi donner des sueurs froides à celles et ceux qui trouvent déjà leur facture d’électricité un peu salée. Alors, que peuvent concrètement faire les Français pour préparer l’avenir ?

Bien sûr, ils peuvent et doivent rendre leurs logements plus efficaces énergétiquement. Chaque kWh d’électricité doit être utilisé le mieux possible. Pas sûr toutefois que cela suffise à alléger les factures, à une époque où le digital et les smart cities créent beaucoup de nouveaux usages de l’électricité.

En revanche, poser sur sa toiture des panneaux photovoltaïques en autoconsommation permet une réduction de facture substantielle : entre 20 et 45 %, selon l’ensoleillement et la consommation du foyer. De quoi envisager l’avenir avec beaucoup plus de sérénité ! On réduit ainsi sa dépendance au réseau nucléaire, tout en réalisant un excellent placement. Une sorte d’assurance contre la hausse future des prix de l’électricité. Pourtant, les Français sont très peu nombreux à franchir le pas – à peine plus de 5.000 au premier trimestre 2019, selon le ministère de la transition écologique et solidaire. Comment expliquer un tel désaveu et surtout, que faire ?

Un choc de confiance et un choc de simplification

Avec 10.000 arnaques au photovoltaïque en 2018 selon le GPPEP (soit près d’une installation sur deux !), le secteur de l’énergie solaire souffre d’un déficit de confiance auprès des Français. Pour les acteurs du secteur, les collectivités et les associations de consommateurs, la première bataille à mener doit donc cibler les éco-délinquants et offrir information, transparence et accompagnement aux Français pour lesquels l’énergie solaire est encore un concept trop flou.

Toutefois, lutter contre les arnaques ne suffira pas à démocratiser l’autoconsommation photovoltaïque. Car il s’agit non seulement de calmer les peurs, mais aussi de susciter l’envie. Il faut inciter. Et tandis que la société civile et les collectivités locales se mobilisent contre les arnaques, nous demandons à l’Etat d’assumer pleinement son rôle d’incitation.
Entendons-nous bien : le cadre règlementaire actuel est suffisamment favorable. Le problème, c’est qu’il est illisible. Prenons le cas d’un foyer lambda, qui souhaite installer des panneaux photovoltaïques. S’il fait poser dix panneaux, il bénéficie d’une TVA réduite et d’une prime à l’investissement. Parfait. Mais imaginons maintenant qu’il veuille plutôt en installer 11. Il paiera alors la TVA plein pot, et touchera 300 euros de prime en moins !

Ne cherchez pas de logique là-dedans… il n’y en a aucune. Le cadre règlementaire français sur le photovoltaïque est truffé d’effets de seuil et de subtilités de ce genre. Il est grand temps de remettre à plat l’intégralité du système, à la lumière de ce qui se passe concrètement sur le terrain.
Et si, en même temps qu’il se penche sur le malade (les prix de l’électricité nucléaire), l’Etat s’intéressait aussi à démocratiser le remède ?
David Callegari, directeur général d’In Sun We Trust
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