Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies.
Les services de mesure d'audience sont nécessaires au fonctionnement du site en permettant sa bonne administration. Vous avez cependant la possibilité de vous opposer à leur usage.
REFUSER
ACCEPTER
CONNEXION
Valider
Mot de passe oublié ?
Accueil > Actualités > Énergie > Tribune | « La réindustrialisation de la France peut être accélérée par le déploiement massif des ENR »
ÉNERGIE

Tribune | « La réindustrialisation de la France peut être accélérée par le déploiement massif des ENR »

PUBLIÉ LE 10 OCTOBRE 2023
PAR ERIC SCOTTO, PRÉSIDENT DE AKUO ENERGY, CARLOS MARTIN RIVALS, CEO DE BLUEFLOAT ENERGY ET OLIVIER PEROT, CONSEILLER INDUSTRIE SUMITOMO ET ADMINISTRATEUR DE FRANCE ENERGIE EOLIENNE - ENTREPRISES MEMBRES DU CONSORTIUM EOLYMAR
Archiver cet article
Tribune | « La réindustrialisation de la France peut être accélérée par le déploiement massif des ENR »
Crédits : @ Nicholas Doherty
Pour les auteurs, membres du consortium Eolymar, comprenant BlueFloat Energy, Sumitomo Corporation et Akuo, pour le développement de l’éolien marin, la réindustrialisation de la France et la décarbonation de son économie sont étroitement liées à la mise en place d’une stratégie d’approvisionnement en électricité verte à un prix stable et compétitif produite sur le territoire national.

En mai 2023, dans un rapport commandé par le gouvernement sur les conditions d’approvisionnement en électricité de l’industrie, Philippe Darmayan pointe du doigt l’inquiétude des industriels au sujet de la fin de l’Arenh en 2025. Ce mécanisme, qui permet aux industriels français de bénéficier d’un accès réglementé à l’énergie produite par le parc nucléaire, contribue à la compétitivité de notre industrie. Le Gouvernement a rendu public récemment la dernière estimation par la Commission de Régulation de l’Énergie du coût du nucléaire historique, au grand dam d’EDF qui se fonde sur des évaluations sensiblement plus élevées. Le bras de fer bat son plein entre EDF, qui souhaite pour l’après 2025 un prix élevé, et le Gouvernement, qui souhaite maintenir un prix attractif pour l’industrie.  Face à ce dilemme, il est temps de donner aux ENR (énergies renouvelables), et à l’éolien en mer en particulier, toute leur place dans la stratégie de réindustrialisation du pays !
 
Les ENR, au cœur des enjeux de réindustrialisation de la France
Usines géantes de fabrication de panneaux solaires, gigafactories de batteries électriques, projets massifs de production d’hydrogène décarboné … :  la nouvelle économie verte est une vraie   opportunité   pour   la   réindustrialisation de la France. Mais ces industries sont énergivores : disposer d’une électricité à un prix stable et compétitif est capital pour lancer ces investissements.
 
Ce besoin intervient dans le contexte de décarbonation de l’économie française qui va conduire à une forte hausse de la consommation d’électricité dès l’horizon 2030-35. La réindustrialisation de la France et la décarbonation de son économie sont donc étroitement liées à la mise en place d’une stratégie d’approvisionnement en électricité verte à un prix stable et compétitif produite sur le territoire national. Dès 2035, l’éolien en mer sera un contributeur majeur à la production électrique décarbonée, avec une capacité prévue de 18 GW en service.
 
Les appels d’offres pour la construction des parcs éoliens en mer mettent en compétition des consortiums candidats pour construire et exploiter les sites sélectionnés par l’Etat. Le prix de l’électricité soumis, critère prépondérant, définit une rémunération fixe pendant 20 ans, l’Etat compensant l’écart entre le prix du marché de l’électricité et le prix soumis. Actuellement, le règlement des appels d’offres ne permet pas au Lauréat d’approvisionner directement un site industriel en particulier, puisque l’électricité produite est livrée indistinctement à EDF.
 
Favoriser les circuits courts “de la Mer à l’Usine”
Le golfe du Lion présente les meilleures conditions de vent de toute la Méditerranée, comparables aux meilleurs sites de la Mer du Nord. L’éolien en mer flottant, technologie prometteuse et arrivant à maturité, est adapté à ses caractéristiques. La France s’est rapidement intéressée à ce gisement et a pris de l’avance dans cette industrie avec, en Méditerranée, le déploiement en cours de trois fermes pilotes, le lancement d’un Appel d’Offre (AO6) pour deux projets commerciaux de 250MW chacun, qui seront rapidement étendus à 750 MW, et la planification d’une capacité totale qui devrait s’approcher de 7,5 GW à l’horizon 2050.
 
En parallèle, le complexe industrialo-aéro-portuaire de Fos-Marignane-Marseille concentre des enjeux majeurs de réindustrialisation et de décarbonation : giga-usine de fabrication de panneaux solaires (projet Carbon pour 2025), développement de plusieurs grands projets de production d’hydrogène vert pour décarboner l’industrie régionale (acier, ciment, chimie), ou pour la synthèse d’e-carburants destinés au transport aérien ou maritime. Mais ces projets énergivores sont freinés par manque de visibilité sur leur approvisionnement en électricité décarbonée compétitive.
 
L’éolien en mer flottant peut booster la décarbonation et la réindustrialisation de la façade méditerranéenne. Il faudrait pour cela permettre aux parcs éoliens flottants du golfe du Lion d’allouer directement à ces nouvelles usines une part substantielle de leur production d’électricité, 20% par exemple, aux conditions de l’appel d’offre, soit à un prix plafond stable et compétitif pendant 20 ans au moins.
 
Pour les Régions Sud PACA et Occitanie, ce « circuit court » entre production et consommation d’énergie renouvelable permettrait d’accélérer et de sécuriser les investissements industriels massifs et les emplois à haute valeur ajoutée de l’économie verte régionale, tout en favorisant l’appropriation des projets éoliens en mer par les populations et les collectivités locales.
 
Cette possibilité, simple à mettre en œuvre, pourrait figurer dans la prochaine PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Energie), voire dans le règlement des Appels d’Offres en préparation. Elle ne pèserait pas sur le budget de l’Etat, qui, quoi qu’il arrive, prend en charge la différence entre le prix du marché électrique et le prix de l’appel d’offres éolien. Cette approche permettrait aux entrepreneurs de bâtir des modèles d’affaires stables et compétitifs pour développer en France les activités de la nouvelle industrie verte.
 
 
 
 
PARTAGEZ
À LIRE ÉGALEMENT
France Hydrogène et H2 Chile signent un accord de coopération
France Hydrogène et H2 Chile signent un accord de coopération
La plus grande centrale solaire thermique de France inaugurée par Newheat et Lactalis à Verdun
La plus grande centrale solaire thermique de France inaugurée par Newheat et Lactalis à Verdun
Photovoltaïque : Isowatt s’implante dans le Grand Est
Photovoltaïque : Isowatt s’implante dans le Grand Est
Enquête/1 |  Electricité renouvelable Corporate PPA : la décarbonation « de bon père de famille »
Enquête/1 | Electricité renouvelable Corporate PPA : la décarbonation « de bon père de famille »
Tous les articles Énergie
L'essentiel de l'actualité de l'environnement
Ne manquez rien de l'actualité de l'environnement !
Inscrivez-vous ou abonnez-vous pour recevoir les newsletters de votre choix dans votre boîte mail
CHOISIR MES NEWSLETTERS