Un embryon de territoire hydrogène se forme en Vendée. Ce département ligérien va ajouter une nouvelle brique à sa transition énergétique en couplant transports propres et électricité renouvelable. « Nous travaillons sur la mobilité décarbonée depuis quelque temps. Nous avons plutôt bien réussi avec l’électromobilité. Nous nous sommes aussi penchés sur le bioGNV, en particulier pour les transports en commun et celui des marchandises. » Voici venu le temps de l’hydrogène. Le président du syndicat départemental d’énergie de Vendée (Sydev), le député Alain Lebœuf, participait fin 2016 à l’assemblée générale de l’Association des professionnels de l’hydrogène, l’Afhypac. Il était venu présenter une initiative lauréate de l’appel à projets du gouvernement sur les territoires hydrogène.La fin du tarif d'achatCette labellisation fut « une étape importante » pour engager la dynamique, estime l’élu. « L’année 2017 doit être celle du lancement très concret du projet. » Son nom : Vendée Hydrogène. Il vise à préparer la sortie mi-2018 de la période d’obligation d’achat pour un parc éolien du département. Le syndicat d’énergie ne bénéficiera plus du tarif d’achat et devra vendre l’électricité produite directement sur le marché. D’autres parcs suivront dans un deuxième temps. Cette situation nouvelle lui offre l’occasion d’intégrer le vecteur hydrogène à ses projets de réseaux intelligents.Un réseau de stationsL’idée ? Quand le prix du marché sera trop bas, plutôt que de vendre son électricité éolienne, le Sydev s’en servira pour produire de l’hydrogène grâce à des électrolyseurs. Le gaz alimentera un réseau de stations réparti sur le territoire régional. Nantes, Saint-Nazaire, Angers, La Roche-sur-Yon, Les Sables-d’Olonne… Les villes les plus importantes seront équipées de stations délivrant 100 kg d’hydrogène par jour. Mais des modèles de 10 et 20 kg par jour sont aussi prévus en complément. Le syndicat d’énergie a décidé de ne pas adosser les électrolyseurs aux parcs éoliens. Il aurait sinon fallu transporter l’hydrogène par camions jusqu’aux lieux de consommation, ce qui n’est pas apparu pertinent ni sur le plan économique, ni sur le plan environnemental.Le pilotage en temps réelC’est donc un réseau décentralisé de production d’hydrogène qui va être déployé au plus près du besoin. Le Sydev envisage de piloter les électrolyseurs en temps réel lorsque les éoliennes génèreront de l’électricité. À terme, ils pourraient non seulement servir à valoriser le surplus d’électricité renouvelable, mais également offrir une solution de stockage tampon pour contribuer à l’équilibre du réseau. Thomas Blosseville