Sitôt la coupe du monde de rugby terminée, il est fort probable que Jean-François Tordo saute dans un avion pour Madagascar. Cet ancien du XV de France, huit fois capitaine entre 1991 et 1993, s'est reconverti dans le développement durable associatif. Sur l'île de l'océan Indien, il s'emploie à ne pas laisser les enfants des rues sur la touche et à leur enseigner autre chose que la culture sur brûlis. Ce quadra niçois d'origine, fier de ses racines agricoles « qui lui ont donné le goût de la nature », semble mieux bâti pour coacher son association Pachamama (« terre nourricière », en langue inca) que le club professionnel de Bourgoin-Jallieu (Isère), qu'il entraîna sans grand succès. Lorsque la Terre tint sommet à Rio, en 1992, « Jeff » Tordo était au talonnage de la mêlée tricolore, mais toujours avec un oeil - bleu vif - sur le sujet. « Je partais en tournée en Afrique du Sud avec l'équipe de France, mais je ne revenais pas avec elle, raconte-t-il. Je m'attardais au Botswana pour y découvrir la nature. » Nature qu'il trouve, comme ses quatre fils, partout malmenée. Y compris en France. « Le Français et l'environnement, c'est une histoire de plaquage à retardement, compare-t-il. On s'empare du sujet un peu tard. » Ambassadeur du programme environnement du Mondial 2007 (lire EM n° 1659 p. 11), Jeff Tordo n'est pas peu fier que son conte écolo-rugbystique Terre Ovale soit diffusé en cette rentrée à quelque mille écoles. « Je veux montrer qu'il y a autre chose derrière la grosse brute », conclut-il.