Dans notre lutte contre cet envahisseur, nous vivons un grand moment de solitude. L'annonce récente d'un éventuel classement du frelon asiatique au Code rural ne va rien changer pour nous en milieu urbain », constate, déçu, Jean-Claude Piron, adjoint au développement durable et à l'écologie urbaine de la ville de Tarbes. Depuis 2008, la ville se démène pour contenir l'expansion de l'hyménoptère. Il menace les habitants et décime les insectes autochtones, dont les abeilles. En plus de piégeages sélectifs, de la destruction de plus d'une centaine de nids dangereux pour la sécurité des Tarbais, le maire, Gérard Trémège, a créé un observatoire de l'ennemi ailé. Il a pour objectif une cartographie précise de son expansion sur le département et l'étude scientifique de sa physiologie. Au programme aussi, des tests de protocole de protection des ruches et l'information des 474 maires du département et de la population. La ville a également créé une équipe d'agents destructeurs de nids. Neuf salariés de la ville et du Grand Tarbes en ont déjà bénéficié, et l'objectif de former au moins un destructeur dans chaque canton. Elle prépare aussi la mise au point d'une plaquette d'information et d'une charte pour les professionnels de la désinsectisation. Enfin, pour détruire les nids hauts perchés sans recourir à des nacelles et donc à moindre coût, elle travaille à la mise au point d'un drone qui pourra déposer directement de l'azote liquide au coeur du nid. Le combat ne fait que commencer.