Exemplarité. C'est le top niveau de la RSE qu'ont atteint par deux fois les Ateliers Fouesnantais. L'association créée en 1989 regroupe trois entreprises adaptées, employant des personnes handicapées ou en insertion : la blanchisserie industrielle Kannti, l'entreprise de paysage Sapf et, rassemblant 250 des 320 salariés du groupe, Ecotri, spécialisé dans le tri des emballages ménagers et des déchets électriques et électroniques (DEEE). « Nous avons obtenu 732 points en 2012 puis 737 en 2015. En dehors des aspects liés à la sécurité, il n'est pas évident de progresser », constate le directeur général Philippe Fillette. La structure a ainsi obtenu le score de 100 % pour la gestion des déchets, de 87 % pour l'eau ou la satisfaction des parties prenantes ou de 74 % pour la gestion des matières premières. « Le métier d'Ecotri a servi aux deux autres entités ! Pour la blanchisserie, nous n'utilisons par exemple plus de films plastiques pour le linge que nous restituons, préférant désinfecter véhicules et chariots. Coté matières premières, nous avons réduit de 25 à 12 litres la consommation d'eau par kilo de linge lavé. Et pour Ecotri, nous récupérons les big-bags auprès d'entreprises agro-alimentaires », illustre Philippe Fillette.Avec respectivement 55 % et 30 %, le bilan paraît moins brillant pour la réduction des émissions carbone et la biodiversité. La structure a déjà réduit ses consommations d'énergie, mais n'a pas réalisé de bilan carbone ni lancé de plan de déplacement. Elle prévoit d'y remédier. Et de s'intéresser rapidement à la biodiversité sur ses sites avec l'aide d'associations locales.Les Ateliers Fouesnantais obtiennent paradoxalement de meilleurs scores sur le volet économique que sur le volet social. Notamment grâce à son très bon ancrage territorial : « 80 % de notre chiffre d'affaires est réalisé via les appels d'offres de collectivités, pour lesquels nous sommes régulièrement reconduits, », explique Philippe Fillette.L'homme ne regrette pas de s'être lancé dans cette aventure, mais aurait préféré un système « QHSE-RSE » unifié plus simple à gérer. « Les outils de mesure de performance spécifiques aux entreprises adaptées contribuent à nous stigmatiser. L'évaluation RSE nous permet en revanche d'utiliser le même « thermomètre » que nos partenaires », explique le DG qui, au sein de l'Union nationale des entreprises adaptées (Unea) a créé une formation-action pour conduire ses pairs vers l'évaluation Iso 26000.Fabian Tubiana