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[Tribune] La pollution des navires dans le Port d’Ajaccio, ce n’est pas ma conception de l’économie bleue !

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Par Laurent Marcangeli, maire d'Ajaccio, le 1er juillet 2019
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Cette semaine, le maire d’Ajaccio Laurent Marcangeli fait savoir son inquiétude au sujet de la pollution des navires dans le port de sa ville. Il interpelle les acteurs : pouvoirs publics, industriels et compagnies, à se réunir afin de "légiférer et agir".

Les 27 et 28 mars derniers, Ajaccio accueillait les représentants de cinq grands territoires portuaires, à l’occasion des « Rencontres euro-méditerranéennes ports, nautisme et littoral ». En sa qualité de chef de file, la ville a orienté les débats de ces professionnels du nautisme et de la grande plaisance autour la protection de l’environnement maritime. Ce matin-là, j’ai prononcé un discours très engagé, dans lequel je faisais part de mes craintes pour l’avenir de la Corse et de ses habitants. Je ne peux plus, aujourd’hui, me résoudre à ce que ces mots restent sans écho et que la situation demeure à ce point schizophrénique.

Le 14 juin dernier fut une journée brûlante à Ajaccio, attisée par un pic de pollution insupportable. Les écoles fermées, les bébés confinés dans les crèches, les personnes asthmatiques privées de liberté, nos seniors fragilisés… Les personnes impactées par ces conditions climatiques désastreuses sont nombreuses. Trop nombreuses. Les chaînes d’informations en continue et probablement l’intégralité des médias nationaux ont couvert notre actualité toute la journée, à grands coups de statistiques et de records battus qui m’amènent aujourd’hui à m’exprimer.

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Voilà plusieurs années que je m’inquiète des fumées qui s’échappent des cheminées des navires dans le Port d’Ajaccio. Aujourd’hui, il n’est plus à démontrer qu’elles sont responsables de maladies pulmonaires, d’accidents vasculaires cérébraux, de crises cardiaques… Les Ajacciens sont donc, au quotidien, exposés à des substances hautement toxiques, telles que les oxydes d’azote et les métaux lourds, émis par la combustion de carburant et de pétrole. Je ne peux plus l’accepter. Nous ne pouvons plus l’accepter. Dès 2012, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classait déjà cette catégorie de gaz d’échappement aussi cancérigène que l’amiante.

À cela s’ajoutent les rejets d’eaux usées en mer, les navires plus anciens qui utilisent encore des systèmes de traitement obsolètes, les eaux de cales contaminées, les risques évidents pour les baigneurs, l’impact sur les poissons et les coraux qui suffoquent… Quel sombre bilan pour notre île ! Il y a quelques semaines, je prenais un arrêté municipal pour fermer les écoles… que serais-je contraint de faire demain ?

L’Europe, dans son vaste espace maritime, compte déjà des navires équipés de technologies de réduction des émissions. Des solutions existent, d’autres émergent et je considère qu’il est grand temps qu’elles s’envisagent à Ajaccio. Un changement vers un meilleur carburant, à plus faible teneur en soufre, ou même une conversion vers le gaz naturel liquéfié (GNL), l’installation obligatoire de filtres à particules sont des pistes à exploiter. Certes, ces mécanismes nécessitent des investissements coûteux ; mais que représentent-ils vraiment face aux conséquences sur notre santé ?

Le Port de commerce envisageait récemment de se doter d’un système électrique de branchement à quai, qui permettrait aux navires de couper leurs moteurs à leur arrivée. C’est une avancée dans le débat, même si le dispositif solliciterait un apport en énergie que nous ne sommes sans doute pas encore en mesure de générer. Nous sommes néanmoins en capacité de réfléchir à des alternatives et de nous faire aider par des experts. Certains navires de courte distance sont hybrides, voire 100% électriques : ce sont des technologies que nous devons soutenir. J’ai plus que jamais l’ambition que nous soyons un exemple en Méditerranée, en assumant que ce modèle ne nous convient pas et qu’il est indispensable de faire de la protection de l’environnement la priorité de notre génération.

En tant que maire et président de l’agglomération, je ne suis malheureusement pas l’autorité compétente pour légiférer et agir. Aussi, j’appelle solennellement toutes les institutions publiques locales, les compagnies et toutes les parties-prenantes à se réunir autour d’une table. Les villes de Barcelone, Palma de Majorque, Venise ou encore Southampton figurent en tête d’une terrible liste de 50 ports dont l’air est le plus pollué à l’échelle européenne : je refuse qu’Ajaccio puisse y figurer un jour.

À nous de trouver l’équilibre entre les discours extrêmes qui soutiennent que la grande plaisance n’apporte aucun avantage à la ville - ce dont je ne suis pas convaincu- et l’immobilisme actuel. Il serait absurde de promettre une politique « zéro émission » à très court terme, mais je revendique que nous pouvons tendre vers un tourisme bien plus responsable, si l’ensemble des protagonistes jouent la carte de la transparence. C’est aussi dans cet état d’esprit que j’ai interpelé le Président de la République sur l’avenir de la centrale du Vazzio ; j’ai récemment fait savoir au Premier ministre que j’attendais beaucoup de sa visite en juillet sur cet autre sujet fondamental.

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