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Le risque amiante encore mal perçu

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Le risque amiante encore mal perçu
Par Julia Tortorici, le 12 décembre 2019
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En 2019, si bien des professionnels admettent la dangerosité de l’amiante et en soutiennent la règlementation, ils sont encore bien peu à prendre conscience des risques pénaux. De maître d’ouvrage à entreprise de travaux, chacun ses priorités. Le salarié reste encore et toujours le plus susceptible de payer les pots cassés.

Comme chaque année, la société Protys s’est penchée sur l’évolution de la perception du risque amiante. Avec l’appui de Harris Interactive, elle a sorti son baromètre 2019 mesurant l’évolution de la perception du risque amiante auprès des maîtres d’ouvrages et des entreprises de travaux. Menée auprès de 494 professionnels du secteur des travaux publics, l’enquête conduit à des résultats pour le moins étonnants. « Tout d’abord, il faut reconnaître que le niveau d’évaluation du risque amiante pour les professionnels impliqués dans ces travaux a progressé : ils sont 47 % à estimer que l’amiante représente un risque fort. Les collectivités, notamment, sont 39 % à partager cet avis contre 52 % dans les entreprises. En parallèle, le niveau de risque pondéré passe de 13,4 % en 2018 à 14,1 % en 2019 », débute Alexandre Neuraz, responsable du développement des solutions amiante Protys. Côté matériaux, l’amiante industriel se situe loin devant le plomb, les hydrocarbures, l’amiante naturel ou la silice dans la liste des matériaux devant être analysés selon les professionnels. Ce chiffre de 94 % en 2019 était pourtant de 95 % en 2018.

Une règlementation mieux connue

Le niveau de connaissance de la règlementation augmente, sans aucun doute. En 2018, 33 % des sondés affirmaient être correctement informés et suivre le sujet. Le chiffre passe à 50 % en 2019. Les collectivités sont 38 %, et les grands groupes, 57 %, à se dire bien au courant de la situation. « Nous assistons à une prise de conscience, croit Alexandre Neuraz, mais le monde professionnel fonctionne à deux vitesses, car 22 % confessent n’être que vaguement informés, dans une attitude attentiste et 9 % affirment carrément ne pas du tout être au courant des avancées de la règlementation. » L’ombre au tableau se situe également du côté de la conformité dont le pourcentage progresse lentement. Pour 69 % des sondés, les maîtres d’ouvrages sont responsables de la bonne réalisation du repérage amiante (59 % pointent plutôt le diagnostiqueur et 20 % l’exécutant). La fiabilité des résultats obtenus est en revanche du ressort du diagnostiqueur pour 60 % des interrogés (contre le maître d’ouvrage à 35 %, ou l’exécutant à 7 %).

Les pratiques qui minimisent le risque

Les problématiques du quotidien restent éparpillées. La grande majorité des sondés (61 %) se préoccupe de l’organisation du travail lorsqu’il existe des risques liés à l’amiante. Ce chiffre était de 66 % en 2018. 47 % (contre 43 % en 2018) ont plutôt à cœur de mettre en place et faire vivre le système qualité permettant de veiller au respect de la règlementation. « On observe surtout une baisse significative du nombre de personnes dont la priorité est d’évaluer les risques professionnels liés à l’exposition à l’amiante. Ils étaient 57 % à s’en préoccuper en 2018 contre 43 % en 2019 », souligne Alexandre Neuraz. Notons au passage que les entreprises de travaux sont 58 % à prioriser l’information et la formation des salariés sur les risques. Comment expliquer une telle disparité des priorités ? « Peut-être parce que tous n’ont pas les mêmes ressources en interne pour respecter la nouvelle législation », glisse le responsable. Pourtant, la présence ou l’embauche d’experts en interne progresse : 34 % (contre 28 % en 2018) des sondés affirment avoir les effectifs nécessaires. Ils sont encore 22 % à reconnaître ne pas avoir les ressources à disposition, mais à avoir identifié des experts pour être conformes. À savoir, 31 % des collectivités représentées dans cette étude délèguent le respect de la législation contre 15 % des entreprises. Aujourd’hui, 16 % des professionnels de la voirie et 22 % des professionnels œuvrant dans le bâtiment ont l’impression d’être conformes avec la règlementation en vigueur. Un résultat bien maigre.

Deux priorités se détachent

« Les professionnels de cette étude disent veiller avant tout au respect règlementaire, pour 75 % d’entre eux, et à la sécurité des salariés, pour 74 % des sondés. Si le premier chiffre est en augmentation, le second était de 78 % en 2018 et laisse pensif sur la perception réelle de ce que risque un travailleur face à l’amiante », commente Alexandre Neuraz. Curieusement, la maîtrise du budget arrive en dernière position sur la liste des priorités : ils sont 33 % contre 26 % en 2018 à rester attentifs à l’impact budgétaire du processus règlementaire. « C’est le syndrome ‘Je dois faire avec’ qui s’exprime », sourit Alexandre Neuraz. Le constat n’est pas le même chez les collectivités qui restent 43 % à estimer que la maîtrise du budget est très importante. Les entreprises, elles, sont 27 % à le penser.

Le temps de la communication

S’il faut retenir deux chiffres significatifs de cette étude, on rappellera les 25 % d’interrogés qui considèrent encore l’amiante comme un matériau à risque faible, et les 57 % d’acteurs qui n’ont pas encore pris conscience des risques pénaux liés à une non-application de la règlementation. Qu’ils se réveillent : si 2019 fait office d’année transitoire où la communication est de mise, le temps des sanctions ne devrait plus tarder. « 2020 sera une année charnière marquée par la publication de nouveaux arrêtés et de nouvelles normes. Des actions de communication supplémentaires sont d’ores et déjà programmées afin de permettre au secteur de s’approprier et d’appliquer durablement la règlementation », conclut Alexandre Neuraz.
Crédit : AC Environnement
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