Présents dans de nombreux produits du quotidien comme le textile, les emballages ou encore les cosmétiques, les PFAS se retrouvent inévitablement dans nos poubelles. Le rapport piloté par l’Astee avec l’Ademe, l’ATEE et Record, souligne que le secteur du déchet n’est pas l’émetteur initial de ces molécules, mais qu’il se retrouve en première ligne pour les gérer. L’enjeu est de mieux localiser et qualifier ces flux pour adapter la surveillance.
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Tous les procédés de traitement réagissent différemment face à ces molécules. Si le recyclage ne détruit pas les PFAS et risque d’en réinjecter dans de nouvelles matières, le compostage et la méthanisation ne constituent pas non plus des voies d’élimination. Pour ces filières biologiques, l’enjeu prioritaire est le contrôle strict des gisements entrants pour ne pas polluer les composts et digestats. À l’inverse, l’incinération offre une réelle solution de destruction, à condition de maintenir des températures très élevées et un traitement rigoureux des fumées. Enfin, le stockage en décharge impose de maîtriser durablement les lixiviats et les biogaz pour éviter toute fuite dans l’environnement.
Des enjeux sanitaires, environnementaux et industriels
L’absence de contrôle est une menace non négligeable. Sur le plan sanitaire et environnemental, le risque est la contamination durable des nappes phréatiques via les fuites de lixiviats. Ou la diffusion de ces toxiques dans la chaîne alimentaire lorsque des composts contaminés sont épandus sur les sols agricoles. Sur le plan industriel, sans traçabilité claire, les gestionnaires de déchets risquent de traiter des gisements dangereux dans des installations inadaptées et de porter la responsabilité de pollutions qu’ils n’ont pas créées. Pour contrer ces risques, l’Astee préconise en amont la traçabilité des produits, la normalisation des mesures et une stratégie globale combinant substitution à la source et adaptation des filières.