Le tribunal des référés d'Aix-en-Provence a en effet répondu à la demande des opposants* à la construction de l’incinérateur de déchets ménagers en suspendant les travaux sous peine d'une astreinte de 10.000 euros par jour, et décidé de nommer un expert chargé de recenser les espèces protégées sur le site. Ce sont des botanistes assermentés puis un huissier mandaté par le Fonds mondial pour la nature (WWF) qui avait relevé en juillet la présence de ces fleurs près de la clôture du futur chantier. L’étude d’impact avait bien mentionné la présence de quelques dizaines de spécimens de cette espèce dans l’enceinte du Port autonome de Marseille mais n’avait pas précisé que « toute mutilation » de ces fleurs était totalement interdite. La pose d’une clôture de protection autour des précieux pieds de lys par la société chargée de construire l'incinérateur n’a pas convaincu le tribunal qui souhaite donc une étude faunistique et floristique plus poussée avant de se prononcer à nouveau.
Pour les opposants, il s’agit de la seconde décision juridique favorable. En mai dernier, le tribunal administratif de Marseille avait déjà suspendu l'arrêté d'autorisation d'exploitation de l'incinérateur. La guerre continue donc entre le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin et les instances préfectorales face aux élus et à la population de Fos-sur-Mer et aux associations environnementales locales et nationales. Le préfet de la région Paca, Christian Frémont, vient même de porter plainte pour diffamation contre le maire de Fos-sur-Mer, René Raimondi (PS), qui a mis en cause l'impartialité de l'État dans ce dossier.
Reste que la décharge à ciel ouvert d'Entressen qui reçoit une grande partie des 600 000 tonnes d’ordures ménagères produites par Marseille doit fermer à la fin de l'année et qu’aucune solution de remplacement ne se profile : l’incinérateur est suspendu et les projets de méthanisation sont eux toujours à l'état de projet.*Syndicat d'agglomération nouvelle Ouest Provence, associations Fare Sud, Défense et protection du littoral du golfe de Fos, CNIID, WWF, Greenpeace, la Fondation Nicolas Hulot et Cap 21.Michaël Pronier
Cliquez ici pour écrire à la rédaction d’Environnement-online.