Dans le cadre de sa stratégie de développement durable et en prélude d'une « directive interne » qu'elle prépare sur les déchets, la SNCF a annoncé qu'elle déployait son opération pilote de tri des déchets du voyageur sur onze gares, en attendant « toutes les gares et les trains en 2008 ». Cette expérimentation, qui retient comme « gare laboratoire » la gare de Lyon à Paris, résulte aussi du coup de gueule de plusieurs associations qui s'insurgeaient contre l'absence, jusqu'ici, de prévention et de collecte sélective des déchets de la part de l'opérateur ferroviaire, si l'on excepte un premier test osé à Montparnasse il y a quelques années. Le tri en gare associera les commerces de quai, et le tri dans les trains l'exploitant des wagons bars (pour les emballages et la vaisselle, dont une partie sera convertie à l'amidon de maïs) et le personnel de nettoyage (pour les journaux et magazines), le tout avec l'aide d'Éco-Emballages. La répartition des flux n'est pas encore décidée, mais devrait s'apparenter à du biflux (recyclable d'un côté dans un contenant jaune, résiduel de l'autre) comme les poubelles déjà visibles gare de Lyon. La SNCF raccroche à cette opération des actions internes sur ses propres déchets comme la valorisation et le désamiantage des matériels ferroviaires (« 5 500 engins à traiter en quatre ans, recyclés à 85 % »), le traitement des vieilles traverses en bois (10 000 t/an), le réemploi de vieux matériel informatique dans l'économie solidaire (via Ecod'Aire et Ateliers sans frontières), lancé ce mois-ci, et l'opération Éco-paperasse. Cette opération vise à « réduire de 10 % par an la consommation de papier des agents travaillant en bureau » en sensibilisant 12 000 d'entre eux au recto verso, au brouillon et à l'impression raisonnée. « En trois mois, la consommation de papier de la direction centrale a baissé de 10 % et 30 tonnes ont été recyclées », chiffre Éric Flamand, directeur délégué au développement durable et à l'environnement.