Le projet de réseau de chaleur du Setom, le syndicat mixte pour l'étude et le traitement des ordures ménagères de l'Eure, échauffe aussi singulièrement les esprits. Le Setom se partage le traitement des déchets du département avec trois autres syndicats et traite les déchets ménagers d'une petite moitié de ses habitants. Il souhaite ouvrir un troisième four dans son unité de valorisation énergétique et alimenter ainsi un réseau de chaleur pour le quartier de la Madeleine, à Évreux. Mais pour que l'opération soit rentable, l'équipement doit incinérer 50 000 tonnes supplémentaires. De quoi couvrir à plus de 60 % les besoins du réseau et bénéficier d'un taux de TVA réduit à 5,5 %. Un projet d'autant plus séduisant que cette UIOM, la seule du département, pourrait traiter des déchets aujourd'hui enfouis dans le nord de l'Eure. Reste qu'il a besoin d'être validé par le plan départemental d'élimination des déchets ménagers actuellement en cours de révision. Le Setom a présenté son dossier le 6 mars 2007, moins d'un mois avant que le plan n'aboutisse, après deux ans de discussion. Un délai si court, que le conseil général a adopté le plan sans intégrer cette nouvelle proposition. Et refuse même de communiquer sur le sujet. Cependant, dans une intervention publique le 9 juin dernier, Jean-Louis Destans, le président de l'assemblée départementale, insistait sur le fait « qu'un réseau de chaleur serait techniquement réalisable avec les capacités actuelles de l'usine ». Ce sera aux Eurois de trancher et de donner leur avis lors de l'enquête publique qui devait s'achever le 4 octobre.