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Du biocarburant à partir du bois

LA RÉDACTION, LE 1er AVRIL 2010
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Pilote Le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) veut mériter son changement de nom : devenu Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, il a lancé un projet de production de biocarburants de deuxième génération, n'utilisant pas de ressources alimentaires, contrairement aux biocarburants actuels. Le projet vise donc à transformer du bois en carburant liquide (gazole, kérosène ou naphta) : c'est la technologie Biomasse-to-liquid ou BTL. « Nous souhaitons démontrer la faisabilité technique et économique de la filière, depuis la collecte de la biomasse jusqu'à la synthèse du carburant », explique Philippe Carle, adjoint au responsable du projet. La première phase d'étude de conception est en cours, et se terminera en juin 2011. Puis commencera la construction du pilote mi-2011, pour un démarrage début 2013. La biomasse - de préférence des déchets et des chutes de bois - est d'abord gazéifiée, c'est-à-dire décomposée à 1 500 °C en gaz de synthèse, composé d'hydrogène (H2) et de monoxyde de carbone (CO). Cette température est atteinte en brûlant une petite partie de la biomasse. Les molécules du gaz de synthèse sont ensuite recombinées pour former le carburant souhaité, par le procédé Fischer-Tropsch, une technologie mise au point en 1923 et largement utilisée aujourd'hui1. La technologie de gazéification est fournie par la société Choren, qui a construit un pilote de BTL en Allemagne2. En revanche, la technologie de production de carburant à partir du gaz de synthèse est nouvelle : « Nous allons rajouter de l'hydrogène dans le procédé, afin d'augmenter les rendements de production du carburant, décrit Philippe Carle. La gazéification produit une molécule d'hydrogène pour chaque molécule de monoxyde de carbone. En doublant la quantité d'hydrogène, nous espérons augmenter le rendement de 50 %. » Le pilote devrait produire 23 000 tonnes de biocarburants par an, à partir de 75 000 tonnes de matière sèche de biomasse (sans compter l'hydrogène rajouté). Les études actuelles, que le CEA a confiées au groupe Cnim, visent à détailler les aspects techniques du projet. « La difficulté est d'intégrer les technologies les unes aux autres, en minimisant les pertes, précise Philippe Carle. Par exemple, il faut identifier le niveau de pureté nécessaire à une étape pour que la phase suivante se passe bien. Nous travaillons aussi à optimiser la récupération de chaleur tout au long du process et à diminuer les coûts d'exploitation. » Le pilote sera construit sur le site de Bure-Chaudron, à la limite des départements de la Haute-Marne et de la Meuse, lieu du laboratoire de recherche sur le stockage des déchets radioactifs de haute activité à vie longue. Ce projet fait en effet partie de l'accompagnement économique accordé en « compensation » de l'installation à Bure de ce laboratoire contesté. Le coût du pilote n'est pas encore estimé, et dépendra des résultats de l'étude préliminaire. Quant au coût du biocarburant, « nous visons une compétitivité avec le gazole, compte tenu des taxes que subit celui-ci et dont nous espérons être exonérés, et des futures taxes sur le CO2. Il faut donc que le litre ne dépasse guère un euro ». Si le pilote se révèle satisfaisant, d'autres projets verront le jour, de même taille ou plus gros, vers 2015 à 2020. « Notre but est de développer une nouvelle filière », souligne Philippe Carles. Mais le CEA, qui reste un organisme de recherche, passera alors le relais à des industriels.


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