Un genre nouveau de panneaux photovoltaïques vient d'être développé par les chercheurs du laboratoire SRSMC de l'université Henri-Poincaré de Nancy. Alors que la plupart des produits actuels fonctionnent avec des cellules au silicium, leur concept s'appuie sur des colorants organiques photosensibles (DSSc). « Les pigments que nous développons absorbent des longueurs d'ondes d'environ 300 à 1 000 nm, contre 300 à 550 nm pour le silicium, précise Philippe Gros, directeur de recherche CNRS chargé du projet. Leur rendement, de l'ordre de 10 à 12 %, est inférieur aux 20 % des cellules en silicium, mais ils utilisent une fenêtre de luminosité plus large. » Ainsi, ces panneaux sont capables d'absorber efficacement la lumière même à faible concentration. Ils peuvent être utilisés sous lumière artificielle, à l'intérieur des habitations, avec un rendement d'environ 10 %. De quoi offrir de nouvelles applications : chargeurs mobiles, vitrage et parois de bâtiments passifs ou non reliés à un réseau électrique. Par ailleurs, ces colorants offrent de la transparence aux panneaux, à la différence de ceux en silicium. Un prototype mis au point en partenariat avec la société suisse de composants électroniques Solaronix est en cours d'optimisation afin d'en améliorer le rendement. Bien qu'à un stade précoce de développement, il offre une alternative prometteuse de panneaux coûtant trois fois moins chers à produire et au recyclage plus simple que ceux en silicium.