Parmi les organisations professionnelles françaises qui planchent sur les travaux d'élaboration des critères pour la sortie du statut des déchets plastiques, Elipso (représentant des fabricants d'emballages rigides et souples) salue la démarche qui va dans le sens d'une meilleure qualité et traçabilité de la matière. « Dans le domaine des emballages, le 1 % de non-plastique dans le recyclé, hors additif ajouté dans le procédé de recyclage, est une valeur supérieure à celles existantes. C'est pourquoi nous sommes favorables à cette valeur, explique Vincent Collard, chargé de mission environnement chez Elipso. En outre, les étapes de séparation et de broyage sont des préalables essentiels à l'emploi d'un recyclat dans nos procédés de fabrication ». Pour les utilisateurs industriels, la sortie du statut de déchet apportera une meilleure image de la matière recyclée vis-à-vis du consommateur. Les critères proposés dans le rapport du JRC (Joint Research Centre) sont de l'avis des fabricants, orientés pour développer des matières recyclées à haute valeur ajoutée : « Cela pourrait avoir un impact sur la production de nouvelles gammes proposées à nos industriels » avoue le chargé de mission tout en soulignant que cela n'aura pas d'incidence directe sur les deux freins actuels au recyclage qui sont le manque de collecte des déchets d'emballages et le développement de nouvelles technologies pour produire des matières recyclées aptes au contact alimentaire (le secteur agroalimentaire représente 70 % de nos marchés). Cette évolution devrait rassurer certaines entreprises sur la qualité des matières recyclées et permettre leur intégration dans les produits de la plasturgie, comme les emballages : « Nous travaillons depuis plusieurs années avec la filière plastique à la prise en compte positive de la matière recyclée dans les normes, labels et certifications. L'évolution réglementaire devrait appuyer nos travaux dans ce domaine. Concernant REACH et les procédures administratives, les impacts économiques seront supportés par les recycleurs directement et non par les transformateurs d'emballages ». Face à une forte demande de matière recyclée et une offre encore trop faible pour le secteur de l'emballage, ce nouveau règlement européen va selon Elipso, encourager la production et la vente de résines régénérées en France et en Europe. Enfin, les fabricants d'emballages espèrent trouver dans un rapport final une mention relative à la réutilisation, souvent pratiquée dans le secteur des emballages dédiés à la logistique.