Concilier biodégradabilité, biopolymères et recyclage des déchets plastiques ? Tels sont les trois axes de développement du consortium Thanaplast. Porté par la jeune société Carbios, spécialisée dans la chimie ver te, ce projet est doté d'un budget de 22 millions d'euros sur 5 ans et financé par Oseo à hauteur de 45 %. Il regroupe des industriels : Groupe Barbier fabricant de films plastiques le céréalier Ulice (Limagrain), Deinove, société de biotechnologie verte et des instituts de recherche (CNRS, université de Poitiers et Inra). Les partenaires de Thanaplast ont choisi de mener indépendamment trois chantiers : la création de plastiques biodégradables à durée contrôlée et adaptés aux besoins industriels ; la mise au point d'une technique compétitive de production de biopolymères (encore 2 à 4 fois plus chers que les plastiques traditionnels) ; le développement d'un procédé biologique de recyclage des plastiques d'origine fossile. Le principe, explique Jean-Claude Lumaret, DG de Carbios, est de traiter par hydrolyse, grâce à un cocktail d'enzymes, différents polymères afin de récupérer le maillon d'origine. L'idée est de pallier les faiblesses des techniques existantes, insuffisantes sur le plan quantitatif et qualitatif pour traiter les flux de déchets plastiques à venir. Le consortium travaille actuellement sur l'identification d'enzymes de dépolymérisation. Dans cinq ans, ce chantier devrait aboutir à la mise en œuvre d'un pilote industriel.