Chiffres Eurostat à l'appui, l'étude explique que l’incinération peut faire de l’ombre au recyclage en détournant la matière dans ses fours et en encourageant les transferts de déchets d’un pays à l’autre. Selon l’étude, la production de déchets a fortement augmenté en Europe pour bénéficier en grande partie à l’incinération au détriment de la politique de prévention. Or, l’UE s’est élargie à de nouveaux pays très en retard sur la gestion de leurs déchets, mettant parfois 90 % de leur gisement en décharge. En outre, si la production de déchets augmente, c’est aussi parce que les dispositifs de collecte sont plus performants. Résultat, des flux de déchets de plus en plus variés sont récupérés sans pouvoir être aujourd’hui techniquement recyclables (emballages légers, DIB en mélange…). Plutôt que de les enfouir, certains pays préfèrent les valoriser en énergie. Contrairement à certains préjugés, dans les pays où le taux d’incinération est élevé, le recyclage l’est également (données Eurostat 2010). En Europe de l’Est, le potentiel est énorme en termes de traitement, au regard du taux de mise en décharge (80 % en moyenne). Face aux quelque 90 millions tonnes de déchets ménagers enfouis chaque année en Europe, l’incinération est encore loin d’absorber ce volume. Le Cewep (2) rappelle que si des pays comme la Hollande ou la Suède importent des déchets pour les incinérer, ces derniers auraient été dans la plupart des cas, enfouis, faute de solutions de valorisation efficaces.1 Global Anti-Incinerator Alliance2 Confederation of European Waste-to-Energy PlantsRRhttp://www.cniid.org/Les-surcapacites-d-incineration-menacent-le,602