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Les impacts pour la filière re cyclage

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Par la rédaction, le 1er février 2013
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L'évolution des modes de production et de consommation entraîne la présence dans les produits en fin de vie, et donc dans les déchets, de nouvelles substances susceptibles d'engendrer des risques sanitaires et environnementaux différents de ceux envisagés jusqu'alors. À ce jour, la majorité des programmes de surveillance ont ciblé les substances réglementées qui répondent en général à des caractéristiques de persistance, bioaccumulation et/ou toxicité. Des questions se posent toutefois sur les impacts potentiels d'autres substances, pas nécessairement nouvelles sur le marché, mais non réglementées : les substances émergentes. Il s'agit de substances qui ont été détectées dans l'environnement, qui ne sont pas encore in cluses dans les programmes de suivi et dont le comportement, le devenir et les effets (éco) toxicologiques restent mal appréhendés. Ces substances émergentes ne font pas l'objet d'une définition générale et il n'existe pas de liste exhaustive des composés répondant à cette définition. Dans le cas particulier des déchets, certaines subs tances peuvent présenter des risques nouveaux de rejet dans l'environnement, pour la santé des personnels du déchet ou d'inhibition/interférence des procédés de traitement eux-mêmes. Ils comprennent à la fois : des substances nouvellement détectées dans l'environnement (ex. : nanoparticules ou micropolluants émergents) ; des substances dont la production est interdite en France et qui ne se re trouvent pas en tant que déchet de production, mais qui peuvent être présentes dans les déchets (produits importés en fin de vie) ou les résidus des centres de traitement (boues de stations d'épuration, lixiviats) ; enfin, des substances présentes depuis longtemps dans la chaîne de traitement des déchets, mais pour lesquelles des interrogations commencent seulement à émerger. Au sein de cette troisième catégorie, plusieurs familles ont été identifiées, qui peuvent être ordonnées selon deux principales applications : - des intermédiaires de réaction (alkyles phénols, benzènes et dérivés, solvants chlorés…) à rechercher principalement dans les effluents industriels (plutôt que sous forme de déchet solide) ; - des additifs pour divers types de produits (PFOS, oxydes de diphényl, phtalates, chloroalca-nes, etc.). Ces composés sont susceptibles d'être présents dans les déchets so lides (plastiques, caoutchouc, papiers, textiles), les rejets aqueux et les boues de station d'épuration. Il s'agit d'un flux essentiellement diffus (présence notamment dans les déchets des ménages). Voir tableau. Cibles et enjeux  liés au recyclage Le recyclage de déchets contenant des polluants émergents pose le problème de la re mise en circulation de produits contenant des substances potentiellement dangereuses, de leur éventuelle accumulation au cours des différents cycles et de la contamination d'autres produits recyclés au sein de la chaîne de traitement. La contamination des matériaux recyclés par des polluants émergents peut se faire via le contenu d'un produit ou par contamination croisée lors du processus de recyclage. Par exemple, les plastiques collectés peuvent avoir été contaminés lors de leur première utilisation par des produits chimiques incompatibles avec une utilisation alimentaire. C'est le cas particulier du PET (polyéthylène téréphtalate), qui peut désormais être recyclé à des fins alimentaires. L'Efsa(2) , dans le cadre d'une évaluation de dix procédés de re cy-clage du PET, pour lesquels les déchets plastiques sont collectés, réduits en paillettes et décontaminés, avant d'être transformés en matière première à usage alimentaire, a montré que ces procédés peuvent réduire les contaminants dans le plastique recyclé en dessous du risque acceptable (exposition alimentaire inférieure à 2,5 µg/kg/jour), sous réserve que la proportion de déchets en PET issus d'applications non-alimentaires n'excède pas 5 %. Toujours dans le cas du recyclage des matériaux plastiques, les principaux risques de contamination croisée sont liés au recyclage de différents types de plastiques en mélange et à la mauvaise identification de certains flux de matériaux. Par exemple, le BPA et le DEHP sont largement utilisés comme intermédiaires de réaction lors de la production de polycarbonate (PC). Une étude récente(3) a mis en évidence une activité œstrogé-nique corrélée à la migration de perturbateurs endocriniens issus de bouteilles d'eau minérale en PET. Or, contrairement au PC, le PET ne devrait pas contenir de BPA ou de DEHP. Il a été suggéré(4) que le DEHP migrait du PET au PC durant le recyclage. Cette hypothèse est cependant débattue, puisque plusieurs sources de contamination peuvent être considérées : durant le procédé d'embouteillage (sur les bouchons) ou même comme bruit de fond dans les laboratoires d'analyse(5) . L'Académie nationale de médecine(6) recommande tout de même à titre préventif de ne pas recycler des emballages contenant du BPA ou des phtalates. Les emballages carton, qui sont principalement fabriqués à partir du recyclage de papiers journaux, peuvent également être utilisés comme emballage alimentaire. Ils peuvent donc potentiellement être contaminés par l'encre d'imprimerie et ses composés. En particulier, des composés aromatiques polycycliques ont été détectés dans du carton recyclé à des concentrations dix fois supérieures aux seuils autorisés pour la production alimentaire(7) . La question de l'accumulation de ces additifs dans le cadre d'un fonctionnement en économie circulaire commence également à être soulevée, alors que les additifs utilisés doivent être le plus stables possible pour être intégrés dans les différents matériaux. Ainsi, dans l'industrie du papier, du BPA peut être introduit dans les effluents et dans différents types de papiers, à partir du recyclage de papiers thermiques : les teneurs en BPA peuvent atteindre 15 mg/g (contre 15 µg/g pour la majorité des produits en papier(8) dans ce cas). Du BPA a aussi été détecté dans des produits comme les couches-culottes et le papier toilette, fabriqués en grande partie à partir de papier recyclé. L'apport journalier de BPA par absorption cutanée a été estimé à 17,5 ng/jour pour la population générale et à 1 300 ng/jour pour les individus exposés professionnellement. Ces valeurs restent toutefois faibles en regard de l'exposition via l'alimentation. Quels risques pour les personnels du déchet ? Compte tenu du manque de connaissances actuelles sur la présence de ces polluants émergents dans les déchets, peu d'études se sont intéressées aux risques sanitaires liés à leur traitement. Pour le traitement des DEEE, l'INRS(9) a tout de même mis en évidence une exposition des travailleurs notamment aux métaux, PCB, PBB et vapeurs de mercure, lors du tri, du démantèlement et du broyage des matériaux. Les dangers proviennent des contaminants présents dans les composants électroniques (métaux, additifs) et des composés néoformés suite aux traitements des DEEE (dioxines, furanes...). Les ateliers de recyclage dans leur ensemble doivent par conséquent être impérativement dotés d'une ventilation générale couplée à un apport d'air de compensation. Cas particulier des nanoparticules Alors que plusieurs études ont débuté récemment sur le devenir et l'impact des nanoparticules (NP) présentes au sein des déchets lors de leur incinération/stockage (projet NanoFlueGas ; RR26/2012), peu s'intéressent à l'impact des NP sur les procédés de recyclage matière et sur la qualité des matériaux recyclés. Les travaux du groupe de travail WP5 du programme Nanosustain visent à évaluer le comportement de NP de ZnO associées à du verre lors du recyclage(10) . Les résultats sont attendus pour 2013. Enfin, seules certaines NP (cas des NP d'or) présentent une valeur suffisante pour que leur recyclage soit économiquement justifié. En effet, le recyclage de nanomatériaux nécessite de trier ou de démanteler et chimiquement ou physiquement récupérer ses composants (ex : couches composites d'un produit) (11) . Dans une optique de production et d'utilisation sécurisées des nanomatériaux, le pro gamme Nano-safe(12) sug gère de réutiliser les poudres de nanodéchets préalablement sto ckées en sacs étanches. Les perspectives de recherche  Les pistes prioritaires de recherche pour le recyclage restent le développement des performances de tri et séparation de ces polluants émergents (additifs, retardateurs de flamme…) et de séparation des produits. L'amélioration du traçage de ces substances dans les produits permettrait également de mieux quantifier leur présence dans les déchets et éventuellement d'assurer une séparation à la source. Concernant les risques liés au traitement et à la manutention de ces déchets pour les personnels du recyclage, des études plus fondamentales sur les mécanismes d'émissions de polluants sont nécessaires pour concevoir des procédés moins émissifs. Par ailleurs, des efforts en termes de prévention devraient être menés (développement et recommandation de solutions techniques de réduction du risque chimique, publication de brochures d'aide au repérage et à la réduction du risque chimique). En conclusion, devant les nombreuses questions soulevées par la présence de subs tances émergentes dans les déchets, l'intérêt de la notion d'éco-conception des produits et en particulier de la prise en compte de l'ensemble de leur cycle de vie (y compris en tant que déchets) ne peut qu'être rappelé, dans le respect des bonnes pratiques du développement durable et du principe de précaution.
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