Le recyclage européen des déchets serait menacé par les surcapacités d'incinération. Cette conclusion est tirée d'une étude réalisée par l'ONG GAIA (1) publiée fin 2012. Chiffres Eurostat à l'appui, elle explique que l'incinération peut faire de l'ombre au recyclage en détournant la matière dans ses fours et en encourageant les transferts de déchets d'un pays à l'autre. Selon l'étude, la production de déchets a fortement augmenté en Europe pour bénéficier en grande partie à l'incinération au détriment de la politique de prévention. Quelques mises au point s'imposent. D'une part, l'UE s'est élargie à de nouveaux pays en retard sur la gestion de leurs déchets, mettant jusqu'à 90 % de leur gisement en décharge. D'autre part, si la production de déchets augmente, c'est aussi parce que les dispositifs de collecte sont plus performants. Résultat, des flux de déchets de plus en plus variés sont récupérés sans pouvoir être aujourd'hui techniquement recyclables (emballages légers, DIB en mélange…). Plutôt que de les enfouir, certains États préfèrent les valoriser en énergie. Contrairement à certains préjugés, dans les pays où le taux d'incinération est élevé, le recyclage l'est également (données Eurostat 2010). Face aux quelque 90 millions tonnes de déchets ménagers enfouis chaque année en Europe, l'incinération est encore loin d'absorber ce volume. Par ailleurs, lorsque l'étude évoque les forts taux d'incinération aux Pays-Bas, au Danemark, en Allemagne ou en Belgique, c'est oublier que ces pays ne disposent pas ou peu de centres d'enfouissement et affichent déjà des taux de recyclage avoisinant les 60 %. De plus, les centres de valorisation énergétique nouvelle génération sont désormais associés au recyclage des fractions métalliques résiduelles en aval. Enfin, si les capacités semblent largement suffisantes dans certains pays, elles restent encore absentes dans d'autres au profit hélas de la mise en décharge. Le Cewep (2) rappelle qu'une grande partie des déchets importés par la Hollande ou la Suède aurait été enfouie dans leur pays d'origine, faute de solutions de valorisation efficaces. Et l'organisation européenne de souligner que le recyclage restera toujours la priorité dans les modes de traitement, tel que cela a été défini par la directive déchets.