Le marché du scrap de titane a vu en 2012 redémarrer la demande avec toujours des tensions sur les prix mais le rythme de production a été suffisant pour générer une offre abondante et bon marché. La consommation de titane dans le secteur « industrie » devrait être en 2012 inférieure au niveau record de 2011 car certains grands projets d'infrastructure font face à des difficultés liées aux capacités d'investissement. Dans le dessalement, il faudra probablement attendre 2013 pour voir l'impact du projet Yanbu III sur la consommation de titane. Du côté de l'aéronautique, l'accélération de la consommation de titane initiée en 2011 s'est poursuivie en 2012 sous la pression de la montée en cadence des programmes en cours. Pour le nouveau programme B787, le rythme de production reste indécis car subsistent des difficultés techniques au niveau des assemblages des structures composite. Actuellement calé sur un rythme de 5 avions/mois, l'objectif annoncé est d'atteindre 10 avions/mois en 2013. Les applications aéronautiques représentent la moitié de la consommation annuelle de titane dans le monde. Avec le démarrage de cinq nouveaux programmes aéronautiques dans les cinq ans à venir, la consommation de titane devrait doubler entre 2010 et 2015. Certains industriels se sont déjà lancés. Selon Fonderie magazine, la filiale du groupe Safran, Messier Bugatti Dowty spécialiste des trains d'atterrissage, va débloquer une enveloppe de 35 millions d'euros pour construire une nouvelle unité dédiée au titane. L'équipementier nantais ACB envisage de fabriquer ses propres pièces de réacteur à haute valeur ajoutée en titane. Enfin, le Canadien Alphacasting a remporté un marché avec Thales sur le moulage de pièces en titane pour panneaux solaires et structures de satellites.